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Le Liban pourrait jouer un rôle régional en vue d’un monde arabe libre, estime Plumbly

Conférence La stabilité et le développement du Liban, le contrôle de ses frontières et la protection des réfugiés, sans oublier l’application de la résolution 1701 : autant de défis immédiats qui occupent le Liban, à l’heure où la région est en ébullition.
31/07/2012
Anne-Marie EL-HAGE
 
« Le Liban a un important rôle à jouer dans ce qui se déroule dans la région, vers un monde arabe libre. Il a beaucoup à offrir à ce niveau. » Tel est le message essentiel qu’a adressé, hier, Derek Plumbly aux autorités libanaises. Le secrétaire général adjoint des Nations unies, également coordinateur spécial pour le Liban, donnait une conférence à l’hôtel Le Gabriel sur la situation libanaise, à l’invitation de l’Association des diplômés de l’université de Harvard et de son président, Habib Zoghbi. Il a toutefois relevé que « le pays du Cèdre est pour l’instant trop occupé par ses défis immédiats ».

Climat régional peu propice
Par défis immédiats, M. Plumbly entend en premier lieu l’application de la résolution 1701, votée en 2006, après l’agression israélienne. Une application qu’il qualifie de « question centrale », liée à son mandat. « Le calme est vulnérable. Il est lié aux événements extérieurs qui se déroulent dans la région », constate-t-il. Son message au Liban à ce propos est on ne peut plus clair : « Le Liban se doit d’éviter les incidents pour préserver le calme (à sa frontière avec Israël) », dit-il. M. Plumbly admet que certaines situations ne sont pas couronnées de succès et entravent l’application de la 1701, comme celle des fermes de Chebaa. « Il faudrait que le climat soit plus propice pour une bonne application de la résolution 1701 », souligne-t-il. Il salue toutefois « le dialogue stratégique » engagé entre l’armée libanaise et la Finul.
Autre défi de taille, « la stabilité intérieure du Liban », note le secrétaire général adjoint. Saluant « l’initiative du président Michel Sleiman en vue d’une relance du dialogue national », il insiste sur l’importance d’une telle initiative dans un contexte local et régional « critique », reprenant le qualificatif employé par M. Zoghbi. Derek Plumbly ne manque pas de se pencher sur la situation explosive à Tripoli et à Saïda. Il constate aussi le retour des menaces, des tentatives d’assassinats politiques, contre Samir Geagea et Boutros Harb notamment.
L’ONU encourage « l’unité et le dialogue interne, malgré les divergences d’opinions », observe-t-il. L’organisation onusienne apporte d’ailleurs son assistance dans ce sens aux autorités libanaises. « Il est important que les différentes opinions puissent s’exprimer dans le cadre de la loi, sans provoquer de tensions », soutient encore M. Plumbly. Le coordinateur spécial pour le Liban relève toutefois que le développement doit se poursuivre, de même que les affaires. « L’attention consacrée à la sécurité ne doit pas empêcher les affaires », note-t-il. Et de saluer « les préparatifs entamés par le cabinet pour les prochaines législatives », au niveau d’un projet de loi électorale. « C’est une bonne chose », dit-il.

Le Liban doit se préparer à recevoir plus de réfugiés
Tout aussi importante, car liée à l’actualité quotidienne, « la répercussion de la crise syrienne sur le Liban ». Une crise qui pose au Liban deux défis de taille, « la protection des frontières nord et est » et « la gestion du problème des réfugiés syriens ».
Partant du message du Conseil de sécurité concernant les incursions syriennes en territoire libanais et les bombardements par l’armée syrienne de villages frontaliers, Derek Plumbly est formel : « Le territoire libanais doit être respecté, la souveraineté libanaise aussi. » Le représentant onusien tient aussi à mettre l’accent sur la nécessité de « protéger le Liban du conflit syrien ». « Il est important que l’infiltration d’éléments et d’armes (du Liban en Syrie) n’ait pas lieu », dit-il, avant de soutenir la décision du président Sleiman de déployer l’armée libanaise à la frontière libano-syrienne. Il précise à ce propos que le Liban a bénéficié de programmes d’assistance d’agences onusiennes pour le renforcement de la gestion de ses frontières. Il a également reçu des expertises et des équipements dans ce sens.
Évoquant la crise humanitaire provoquée par l’afflux des réfugiés syriens, le secrétaire général adjoint invite le Liban « à se préparer à un flux encore plus important de populations déplacées ». Même si le pays du Cèdre n’a pas signé la convention internationale pour les réfugiés, « il a une obligation morale et humanitaire envers les réfugiés syriens », observe-t-il. Derek Plumbly assure toutefois que « les autorités libanaises travaillent de pair avec la communauté internationale pour porter assistance aux réfugiés ». Davantage de fonds ont aussi été débloqués par les Nations unies. « Nous portons assistance à plus de 34 000 déplacés syriens, qui sont installés principalement dans le nord du pays. Mais nous recherchons encore plus de financement pour faire face à la situation et sommes en discussion avec les autorités libanaises dans cet objectif. » En somme, le Liban est invité à faire plus pour les réfugiés syriens...

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