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À La Une - Crise

Liban : L'intolérable populisme du CPL...

Les aounistes bloquent à nouveau des voies vitales dans plusieurs régions du Liban pour dénoncer l’arrestation de trois officiers soupçonnés du meurtre de deux dignitaires sunnites.

L’embouteillage monstre de Nahr el-Mott qui a bloqué l’autoroute Beyrouth-Tripoli pour la seconde journée consécutive : un acte criminel qui a failli causer mort d’homme, hier. Photo Hassan Assal

Pour manifester leur soutien à l’armée et aux trois officiers arrêtés dans l’enquête sur la mort des cheikhs sunnites Ahmad Abdel Wahed et Mohammad Houssam Merheb sur un barrage de l’armée au Akkar, le 20 mai dernier, les partisans du CPL ont coupé hier trois axes routiers, dont deux principaux, à la circulation, bloquant sur les routes plusieurs milliers de personnes.


Le coup d’envoi de ce marathon très particulier a commencé à Rabieh, avec la conférence de presse du général Michel Aoun, au terme de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire. M. Aoun a d’emblée annoncé la couleur en affirmant : « Nous n’essayons pas d’obstruer la justice, mais d’empêcher qu’on la bafoue. L’arrestation des officiers (pour le meurtre de cheikhs Ahmad Abdelwahed et Mohammad Merhi) après leur libération est une forme de chantage pratiquée contre la magistrature. Dans leur cas, l’arrestation préventive ne se justifie pas. » M. Aoun s’est ensuite emporté pour affirmer : « Nous sommes plus iimportants que le pouvoir exécutif et même plus que la magistrature. Nous sommes les députés de la nation. »


Après avoir dénoncé « un processus de sape des institutions », en évoquant le sit-in des journaliers d’EDL et la campagne contre l’armée, le chef du CPL a stigmatisé une anarchie au niveau de la sécurité et une politique de deux poids, deux mesures qui s’est manifestée, selon lui, par la relaxe, en août 2011, des meurtriers de cheikh Bassam Hammoud au Akkar « sous la pression des députés Ahmad Fatfat et Khaled Daher qui avaient attaqué l’armée à l’époque parce qu’elle avait pu arrêter les meurtriers ».
« Nous revivons des conditions similaires à celles qui prévalaient dans les années 70 au Liban lorsque l’armée s’est divisée, a averti M. Aoun. Nous n’accepterons pas que le même scénario se répète au Liban. » « Pourquoi les détails de l’enquête sur la mort du cheikh (Abdelwahed) n’ont pas été révélés au public ? s’est encore demandé le chef du CPL. J’ai appris qu’il y avait dans le coffre de sa voiture plusieurs bouteilles de boissons alcoolisées, du vin et de la vodka, ainsi que des roquettes de type RPG et des armes lourdes. » Il a annoncé une marche symbolique pacifique du musée jusqu’au tribunal militaire, en signe de protestation contre le chantage auquel la justice est, selon lui, soumise et pour défendre l’autonomie de l’armée.
Celle-ci s’est ébranlée peu après 19h, en présence du ministre Nicolas Sehnaoui, des députés Nabil Nicolas et Nagi Gharios, de M. Massoud Achkar et de plusieurs cadres du CPL au nom duquel M. Pierre Raffoul s’est exprimé pour affirmer que l’armée libanaise est une ligne rouge et pour mettre en garde contre toute atteinte à la troupe.

Le convoi du président Sleiman bloqué
Selon les chaînes de télévision, des heurts se sont produits entre les manifestants et des automobilistes excédés. Des partisans du CPL venus du Kesrouan et de Jbeil ont pris part à la manifestation. Sur le chemin du retour, une partie d’entre eux a bloqué l’autoroute maritime, au niveau de Nahr el-Mott, ainsi que l’autoroute Beyrouth-Tripoli sur les deux voies, à l’aide de pneus brûlés, de blocs de pierre et de barrières métalliques, prenant en otage, pour la seconde soirée consécutive, des milliers de personnes. Il a fallu l’intervention du général Aoun, plus d’une heure plus tard, pour que la route soit rouverte à la circulation. Selon la LBCI, le convoi du président Michel Sleiman était bloqué dans l’embouteillage monstre qui a été causé par la manifestation et qui a poussé plusieurs automobilistes à en arriver aux mains avec certains protestataires. La route de Baabda a elle aussi été coupée pendant un certain temps avant d’être rouverte à la circulation.

 

 

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Le coup d’envoi de ce marathon très particulier a commencé à Rabieh, avec la conférence de presse du général Michel Aoun, au terme de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire. M. Aoun a d’emblée annoncé la couleur en affirmant : « Nous n’essayons pas d’obstruer la justice, mais d’empêcher qu’on la bafoue. L’arrestation des officiers (pour le meurtre de cheikhs Ahmad Abdelwahed et Mohammad Merhi) après leur libération est...
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