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À La Une - Crise

Pour le CICR, la Syrie est en état de guerre civile

Des blindés pour la première fois à Midane près du centre de Damas ; Espérer que Moscou convaincra Assad de partir n'est "pas réaliste", avertit Lavrov.

Le quartier al-Tadamone, à Damas, où se déroulent des combats violents depuis dimanche 15 juillet 2012. REUTERS/Shaam News Network/Handout

Le CICR considère désormais que les combats en Syrie sont une situation de guerre civile.

"Ceci n'est pas nouveau, nous l'avions déjà notifié aux parties et en avril nous avions dit que cette situation de conflit armé non international s'appliquait à trois endroits spécifiques. Maintenant, chaque fois qu'il y a des hostilités on peut voir des conditions qui peuvent être définies comme un conflit armé non international", la terminologie diplomatique pour parler de guerre civile, a déclaré lundi à l'AFP un porte parole du CICR, Alexis Heeb.

 

Dans ce cadre "le droit international humanitaire prime chaque fois qu'il y a des hostilités", a ajouté ce porte-parole du Comité International de la Croix Rouge à Genève. Ce droit définit les conditions de la protection des populations civiles mais aussi de "la protection des gens qui ne sont plus en train de se battre, par exemple les blessés mais aussi les conditions dans lesquelles ils pourraient être détenus", a souligné ce porte-parole.

 

Le CICR a régulièrement demandé aux autorités syriennes le respect des blessés dans les centres de soins et un accès de ses délégués aux détenus, dans les divers centres de détention.

 

 

Sur le terrain, des blindés et des transports de troupes ont pris position lundi pour la première fois dans le quartier de Midane, proche du centre de la capitale syrienne Damas, rapportent une ONG et des militants.

"C'est la première fois qu'il y a des blindés et des transports de troupes à Midane. Avant, les forces de l'ordre étaient dépêchées pour réprimer les manifestations, aujourd'hui, il y a des soldats engagés dans des combats", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

Dans les autres quartiers hostiles au régime du président Bachar el-Assad où des combats sans précédent se déroulent depuis dimanche, "le pilonnage s'est intensifié en début d'après-midi", a de son côté rapporté un militant sur place qui se fait appeler Abou Omar. "Il n'y a aucun mouvement dans les rues sauf celui des troupes régulières et de l'Armée syrienne libre (ASL, essentiellement composée de déserteurs)", a-t-il poursuivi.

 

Les bombardements au mortier de l'armée syrienne ont repris lundi sur le quartier al-Tadamone à Damas, selon des militants des Comités locaux de coordination (LCC, opposition).

 

Aujourd’hui, toujours selon les LCC, de violents combats entre l'armée régulière et l'ASL "ont toujours lieu dans les quartiers de Kafar Soussé et Jobar".

 

Un habitant de la ville de Jaramana, sur la route de l'aéroport international de Damas, a affirmé à l'AFP n'avoir "pas dormi de la nuit". "Hier soir c'était un véritable champ de bataille, des roquettes et des tirs ont été entendus dans les localités situées sur la route de l'aéroport jusqu'aux premières heures du matin", a-t-il poursuivi, ajoutant avoir vu quatre transports de troupes passer sur la route.

Un autre habitant du quartier al-Tadamone, joint par l'AFP, a indiqué ne pas pouvoir quitter son quartier.

 

Selon l’OSDH, les affrontements de dimanche dans la capitale syrienne ont fait 105 morts, dont 48 civils, 16 rebelles et 41 soldats.

 

"Damas, on arrive". Une affiche diffusé par des militants anti-Assad

sur Facebook.

 

Parallèlement des observateurs de l'ONU se sont à nouveau rendus dimanche à Treimsa, dans le centre de la Syrie, où selon l'OSDH, des bombardements et des combats ont fait jeudi plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles. L'opposition et une partie de la communauté internationale avaient qualifié de "massacre" cette opération.

La mission de l'ONU a indiqué dimanche soir dans un communiqué que "plus de 50 maisons ont été brûlées et/ou détruites" à Treimsa, faisant état de la présence de "mares de sang et de restes de cerveaux" humains.

 

Selon les 27 habitants interrogés par les observateurs, l'attaque a débuté à 05H00 jeudi (02H00 GMT) par des bombardements puis des opérations au sol. Selon ces témoins, l'armée a mené des perquisitions maison par maison et procédé à des contrôles d'identité des hommes, dont plusieurs ont ensuite été tués ou emmenés hors du village.

Des habitants ont raconté dimanche à un correspondant de l'AFP que des maisons avaient été visées, éventrées par les chars, puis pillées par les milices du régime et incendiées.

 

L'OSDH avait indiqué que certains habitants avaient été "exécutés sommairement" ou tués en tentant de fuir, et une trentaine de cadavres ont été brûlés.

 

Mais le régime syrien a à nouveau démenti avoir perpétré un massacre. Accusé par l'émissaire Kofi Annan d'avoir utilisé l'artillerie lourde à Treimsa, sur la base des conclusions des observateurs, Damas a nié tout recours aux hélicoptères ou aux chars dans son opération contre des "terroristes" dans cette localité.

Estimant que M. Annan s'était "précipité" et ne s'était pas "basé sur les faits", il a assuré qu'il n'y avait "pas eu de massacre" à Treimsa "mais des combats entre l'armée régulière et des groupes armés", faisant état de 39 morts, dont deux civils.

 

 

Dans l'espoir de redonner un élan diplomatique à son plan de paix, qui n'a jamais eu d'effet sur le terrain, Kofi Annan est attendu lundi à Moscou, où il doit rencontrer mardi le président russe Vladimir Poutine, selon le Kremlin.

La Russie résiste fermement à toute intervention extérieure en Syrie et a bloqué jusqu'à présent tout projet de résolution condamnant la répression.

 

Il n'est "pas réaliste" d'espérer que la Russie peut convaincre le président syrien Bachar el-Assad de quitter le pouvoir comme l'affirment les Occidentaux, a encore déclaré aujourd’hui lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le président Assad "ne partira pas, non parce que nous le soutenons, mais simplement parce qu'une part tout à fait significative de la population de la Syrie le soutient".

 

Moscou a également accusé les Occidentaux d'exercer un "chantage" pour forcer Moscou à accepter des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre le régime de Damas. "A notre grand regret, on voit des éléments de chantage", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, affirmant que les Occidentaux avaient sommé la Russie d'accepter les sanctions faute de quoi ils "refuseraient de prolonger le mandat de la mission d'observateurs".

 

Toujours sur le plan diplomatique, l'ambassadeur de Syrie au Maroc Nabih Ismaïl a été déclaré "persona non grata" et a été prié de quitter le territoire, a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué publié lundi.

Peu après cette annonce, Damas a annoncé que l'ambassadeur du Maroc sur le territoire syrien était également "persona non grata.

 

 

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Le CICR considère désormais que les combats en Syrie sont une situation de guerre civile.
"Ceci n'est pas nouveau, nous l'avions déjà notifié aux parties et en avril nous avions dit que cette situation de conflit armé non international s'appliquait à trois endroits spécifiques. Maintenant, chaque fois qu'il y a des hostilités on peut voir des conditions qui peuvent être définies comme un conflit armé non international", la terminologie diplomatique pour parler de guerre civile, a déclaré lundi à l'AFP un porte parole du CICR, Alexis Heeb.
 
Dans ce cadre "le droit international humanitaire prime chaque fois qu'il y a des hostilités", a ajouté ce porte-parole du Comité International de la Croix Rouge à Genève. Ce droit définit les conditions de la protection des populations civiles mais aussi de "la protection des...
commentaires (3)

Pour pouvoir la qualifier de "civile", il aurait fallu qu’auparavant, cette Guerre se fasse entre Civils avec plus ou moins le même équilibre de la terreur au niveau de l'armement ; ce qui n’est évidemment pas le cas ! Car, elle est le fait d’un régime sanguinaire surarmé pour soi-disant combattre Israël, mais qui a retourné ses armes et de la façon la plus sauvage imaginable contre sa propre population civile presque désarmée.

Antoine-Serge KARAMAOUN

09 h 13, le 16 juillet 2012

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Commentaires (3)

  • Pour pouvoir la qualifier de "civile", il aurait fallu qu’auparavant, cette Guerre se fasse entre Civils avec plus ou moins le même équilibre de la terreur au niveau de l'armement ; ce qui n’est évidemment pas le cas ! Car, elle est le fait d’un régime sanguinaire surarmé pour soi-disant combattre Israël, mais qui a retourné ses armes et de la façon la plus sauvage imaginable contre sa propre population civile presque désarmée.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    09 h 13, le 16 juillet 2012

  • Entre impuissance de Kofi Annan et sauvagerie syrienne triste de voir le monde observer ces tueries en spectateur. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    07 h 50, le 16 juillet 2012

  • 7aram ! Tout le Peuple Syrien, sans exception aucune, ne déserve pas ce qui se passe dans ce pays. Les complots ( car ils sont plusieurs ) internationaux et régionaux, par mercenaires fanatiques interposés, se font la guerre en Syrie jusqu'au dernier Syrien. Personne ne peut NIER qu'il s'agit de COMPLOT(S). Je souhaite de tout coeur qu'une entente entre Syriens, malgré tout ce qui se passe, puisse survenir et sauver ce pays de la catastrophe définitive. 7ARAM WALLA 7ARAM !

    SAKR LEBNAN

    07 h 14, le 16 juillet 2012

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