Le texte prévoit un enregistrement séparé des ONG bénéficiant de financement étranger et participant à une « activité politique » sur le territoire russe. Il prévoit que celles-ci doivent s’afficher comme « agents de l’étranger » dans toute communication ou activité publique et les contraint à un contrôle financier très strict sous peine d’amende d’un million de roubles (25 000 euros) et de quatre ans de prison. Ce projet de loi s’inscrit dans la ligne fixée par le président Vladimir Poutine, qui a accusé ces derniers mois les dirigeants de l’opposition et des ONG qui avaient dénoncé des fraudes électorales aux législatives de décembre d’œuvrer dans l’intérêt de puissances étrangères, plus précisément des États-Unis. Il s’ajoute à la multiplication des pressions, poursuites judiciaires, perquisitions et interrogatoires, dénoncés par les représentants de l’opposition depuis le retour de M. Poutine au Kremlin le 7 mai.
Une source au Kremlin citée par l’agence publique RIA-Novosti a affirmé que la loi toucherait non seulement des organisations de contrôle électoral, mais aussi de lutte contre la corruption, comme l’antenne russe de Transparency International, et des organisations écologistes. Les organisations de défense des droits de l’homme et des libertés se sont elles aussi clairement senties visées, et ont dénoncé un texte ayant pour but de débarrasser la Russie des ONG les plus gênantes. « Ce texte permettra, par une application arbitraire, de harceler toute ONG déplaisant au pouvoir », ont écrit dans une lettre ouverte jeudi des défenseurs des libertés dont Lioudmila Alexeeva, présidente du groupe Helsinki de Moscou. « Nos organisations n’ont l’intention en aucune circonstance de se reconnaître agents de l’étranger », ont ajouté les signataires. Cette nouvelle loi place, selon eux, la Russie sur le même plan que « le Belarus, le Turkménistan ou la Corée du Nord ».
Des militants du parti d’opposition libérale Iabloko ont manifesté hier devant la Douma, avec une banderole dénonçant « un pas vers un État fasciste ». Plusieurs membres du Conseil consultatif pour les droits de l’homme auprès du président russe, un organe dont les observations sont largement ignorées par le pouvoir et dont près de la moitié des membres ont démissionné récemment, ont eux aussi dénoncé le texte au cours d’une conférence de presse hier.
(Source : AFP)


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