Que personne ne joue la carte de l’étonnement, que personne ne revête les oripeaux de la vierge effarouchée ! Ce qui se passe aujourd’hui à Saïda, ce qui s’est produit hier à Tripoli et au Akkar, ce qui pourrait survenir demain, ailleurs dans ce Liban de tous les possibles, était prévisible, reste dans la trajectoire des dérives annoncées.
C’est l’humiliation ressentie par les sunnites au plus profond de leur âme face à l’hégémonisme du Hezbollah chiite et aux abus qui ont jalonné son parcours qui a contribué à l’irruption de mouvements islamistes autant dangereux que tentaculaires. C’est la neutralisation conjoncturelle du sunnisme traditionnel, l’absence prolongée et inexpliquée de Saad Hariri hors du pays, qui ont pavé la voie à l’avancée des islamistes, à leur positionnement comme ultime recours face au « danger chiite » tel que perçu par la rue sunnite.
Redisons-le encore une fois, une centième fois : douze ans après la libération du Liban-Sud, douze ans après le départ des forces israéliennes occupantes, le Hezbollah peut difficilement continuer à « diviniser » son arsenal militaire, à menacer de ses foudres ceux qui s’aventureraient à en réclamer la remise à l’autorité légale.
Douze ans après, et de multiples accrochages intercommunautaires plus tard, le Hezbollah peut difficilement continuer à dire que la fonction de son armement est strictement nationale : aux yeux des sunnites, et de beaucoup de chrétiens et de druzes bien évidemment, cet armement est d’ordre fondamentalement dominateur, est assujetti à des agendas régionaux, dictés par l’Iran, et menace les équilibres fragiles dans un pays viscéralement confessionnel.
Ne pas reconnaître que l’impasse réside à ce niveau, que le dialogue national initié par le chef de l’État ne peut réussir que s’il règle une fois pour toutes cette quadrature du cercle, c’est accepter que les Ahmad el-Assir prolifèrent du Nord au Sud, que les discours deviennent de plus en plus provocateurs et assassins, c’est prendre le risque de voir la rue sunnite prise en otage par les nouveaux fous de Dieu, ceux qui se poseront en opposants déterminés du parti de Dieu.
Bonjour alors les dégâts, bonjour les guerres intestines, et qu’on ne nous parle plus, de grâce, d’une dignité nationale assurée par les armes du Hezbollah.
La dignité, la vraie, c’est celle que s’acharnent à préserver la société civile, les Libanais, toutes communautés confondues, qui ne veulent plus entendre parler ni de hezbollahis ni de salafistes ; la résistance, la vraie, c’est celle qui se manifeste chaque jour au centre-ville de Beyrouth, à Byblos, à Baalbeck, à Beiteddine, dans les festivals et spectacles organisés contre vents et marées, presque contre tout bon sens.
La culture de la vie contre le spectre de la violence : une résistance plantée au cœur de la ville, brandie comme un bras d’honneur à l’adresse des vautours et oiseaux de mauvais augure. Mais peut-on bluffer indéfiniment les prédateurs, les loups déchaînés, en se contentant de danser au bord du précipice, répétant inlassablement la même formule magique : abracadabra, abracadabra ?...


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Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Les "Coiniques pseudo-araméano-phénicisés" ya hassértééhhh, ne savent plus où "crécher" ni surtout comment l’Injustifiable justifier…… !
09 h 28, le 03 juillet 2012