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À La Une - Éclairage

Trois dossiers conflictuels et une même solution...


L’action de cheikh Ahmad el-Assir et l’attention que lui portent les médias ne sont en fait que le reflet du malaise qui règne actuellement au Liban. Une source sécuritaire précise à cet égard que trois dossiers « chauds » pèsent actuellement sur la scène libanaise : le dossier palestinien avec le soudain réveil des camps, avec leur cortège d’armes et de mise en cause de l’armée ; le dossier syrien qui reste déterminant pour la situation au Liban ; et la crise politique interne qui divise le pays sur les plans politique et confessionnel.
Au sujet du premier dossier, les autorités sont conscientes du fait que les camps palestiniens restent un terrain favorable à toutes les interventions. Tant de forces différentes s’y côtoient et parfois s’y affrontent qu’il est impossible de les pacifier en profondeur et de fermer ce dossier une fois pour toutes. La diversité des factions palestiniennes ainsi que les intolérables conditions de vie dans les camps permettent à de nombreuses forces étrangères de mobiliser des groupes palestiniens « à la carte » et de les utiliser pour servir différents objectifs. Il s’agit tantôt de faire pression sur le régime syrien et tantôt de faire pression sur l’opposition et ses parrains, tantôt encore de peser sur la scène libanaise et de mettre en difficulté les autorités ou encore le Hezbollah et ses alliés en lançant l’idée d’une discorde entre sunnites et chiites. Bref, les camps palestiniens sont malheureusement des cartes à usages multiples que les joueurs au Liban et dans la région ne se privent pas d’utiliser selon leurs besoins, ou de cacher lorsque c’est nécessaire, sans jamais songer réellement à les neutraliser définitivement.
Sachant cela, les autorités libanaises tentent de composer avec la réalité des camps en essayant autant que possible de les neutraliser sans pour autant se laisser entraîner dans une confrontation. Les services de sécurité en charge de ce dossier ont ainsi immédiatement réagi aux dernières provocations en contactant les différentes organisations palestiniennes, le Fateh, le Hamas, les organisations pro et antisyriennes, les groupes islamistes ainsi que l’Autorité pour leur demander de dissocier la situation des camps du Liban des conflits régionaux. L’idée des services est de pousser les camps palestiniens à se doter d’une autorité commune qui servirait d’interlocuteur avec les responsables libanais et qui aurait suffisamment de pouvoirs pour conclure des accords avec les forces de l’ordre libanaises et pour veiller à leur application. Cette autorité serait aussi chargée de la coordination avec les services de l’État pour éviter de nouveaux incidents. Dans la foulée, il faut aussi tenter de rétablir un climat de confiance entre les forces de l’ordre libanaises et les camps palestiniens, en rappelant que si l’armée dresse des barrages à l’entrée des camps, ce n’est pas pour humilier les Palestiniens, mais par application de résolutions internationales que leurs propres représentants ont approuvées.
La source sécuritaire précise que si des incidents éclatent régulièrement dans les camps palestiniens, c’est parce qu’il y a trop de forces rivales dans un petit espace géographique. Ce qui ne peut que provoquer des troubles et des frictions. S’il est difficile, voire impossible, de mettre définitivement un terme à ces frictions, on peut en tout cas les circonscrire rapidement avec la création d’une autorité locale unifiée, chargée d’empêcher les facteurs régionaux d’amplifier les petits incidents inévitables. En même temps, les autorités libanaises devraient s’employer à améliorer les conditions de vie dans les camps. La source sécuritaire affirme que les contacts se poursuivent dans ce but et que jusqu’à présent, les différentes factions palestiniennes ont montré qu’elles sont prêtes à coopérer.
Au sujet du dossier syrien, il est désormais clair que la crise syrienne a pris une envergure internationale. Le monde entier y est impliqué et il n’y aura de solution que lorsque les protagonistes, ou au moins les plus importants parmi eux, notamment les Russes, les Américains, les Chinois et les Iraniens, parviendront à un accord. D’ici là, il n’y aura ni vainqueur ni vaincu et les deux camps sont condamnés à continuer à se battre. Dans ce contexte, le Liban ne peut pas constituer un élément décisif dans la crise syrienne. Même l’idée de créer une zone de libre circulation au Nord pour l’opposition syrienne ne peut plus être déterminante pour l’issue du conflit interne syrien, en sachant que les Russes et les Iraniens ne laisseront pas tomber le régime, et les Américains et leurs alliés arabes ne lâcheront pas de leur côté l’opposition, attendant le moment adéquat pour conclure un accord global. C’est pourquoi, estime la source sécuritaire, la position officielle du Liban d’empêcher une contagion syrienne est la plus sage. D’autant que les agissements de certaines parties qui prônent un appui total à l’opposition en Syrie ne font en définitive que créer un climat confessionnel, lequel affaiblit l’unité libanaise et menace la stabilité du pays, sans être forcément utile pour les développements en Syrie.
L’idée d’entraîner le Liban dans la crise syrienne est donc avant tout nuisible pour le pays et risque de provoquer sa déstabilisation dans l’indifférence générale, tous les yeux étant tournés vers la Syrie. La source sécuritaire estime donc que la classe politique libanaise devrait faire preuve de plus de sagesse et de retenue en prenant conscience du fait que le Liban serait le seul à payer les frais de son implication dans la crise syrienne.
Au sujet du troisième dossier, la source sécuritaire estime que le dialogue reste la seule voie possible pour un déblocage interne. Même s’il ne pourra pas aboutir pour l’instant à des résultats tangibles ni à régler les problèmes en suspens, il ne peut qu’assurer une certaine détente sur le terrain, indispensable, tant la tension dans la rue est grande. Le recours à la surenchère politique est délicat, le cas de cheikh Ahmad el-Assir donnant à ce sujet un exemple concluant. Le Liban reste menacé par le climat confessionnel exacerbé et seul le dialogue et une prise de conscience nationale de la gravité de la situation peuvent l’aider à dépasser ce cap délicat.
L’action de cheikh Ahmad el-Assir et l’attention que lui portent les médias ne sont en fait que le reflet du malaise qui règne actuellement au Liban. Une source sécuritaire précise à cet égard que trois dossiers « chauds » pèsent actuellement sur la scène libanaise : le dossier palestinien avec le soudain réveil des camps, avec leur cortège d’armes et de mise en cause de l’armée ; le dossier syrien qui reste déterminant pour la situation au Liban ; et la crise politique interne qui divise le pays sur les plans politique et confessionnel.Au sujet du premier dossier, les autorités sont conscientes du fait que les camps palestiniens restent un terrain favorable à toutes les interventions. Tant de forces différentes s’y côtoient et parfois s’y affrontent qu’il est impossible de les pacifier en profondeur et...
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