Une photo d’archives montre le mausolée de Cheikh el-Kébir, situé dans l’enceinte du cimetière de Djingareyber, en train d’être remis en état par les habitants de Tombouctou. Issouf Sanogo/AFP
Au total, sept des seize mausolées de cette ville mythique, généralement en terre crue, ont été détruits en deux jours : après les sanctuaires de Sidi Mahmoud, Sidi Moctar et Alpha Moya samedi, les hommes du groupe Ansar Dine ont démoli hier à coups de houes et burins quatre autres mausolées, dont celui de Cheikh el-Kébir, situé dans l’enceinte du cimetière de Djingareyber, selon un témoin. Les mausolées, avec des tombes portant des stèles et autres insignes funéraires, sont d’importants sites de recueillement. Les saints sont considérés à Tombouctou comme des protecteurs, ils « représentent ceux que, dans la culture occidentale, on appelle saints patrons », selon un expert malien spécialiste de l’histoire de Tombouctou et originaire de la ville.
Les opérations de démolition sont menées par Ansar Dine, un des groupes armés occupant et contrôlant depuis trois mois Kidal, Gao et Tombouctou, les régions formant le nord du Mali. Le porte-parole d’Ansar Dine à Tombouctou avait affirmé samedi que le groupe agissait ainsi « au nom de Dieu » et en représailles à la décision de l’Unesco, le 28 juin, d’inscrire Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril. L’agence onusienne avait alors estimé que la présence des islamistes mettait en danger cette ville mythique, surnommée « la cité des 333 saints » en référence aux personnages vénérés de son passé qui y gisent. Les islamistes armés ont profité de la confusion créée à Bamako par un coup d’État le 22 mars pour accélérer leur offensive déclenchée depuis mi-janvier dans le nord du Mali et prendre le contrôle de cette région entre fin mars et début avril.
Lors des opérations de destruction hier, « quelqu’un d’Ansar Dine a dit que partout où il y a des mausolées, ils vont les démolir, même dans les mosquées », a indiqué un témoin. Un habitant de Tombouctou, ancien opérateur touristique, avait déjà affirmé avoir entendu des islamistes évoquer une éventuelle démolition de mosquées. La ville en compte trois grandes : Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia, joyaux architecturaux témoignant de son apogée, toutes trois sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Des saints sont enterrés dans les mosquées de Djingareyber et Sidi Yahia, d’après l’expert malien.
L’appel de Diallo Touré
Hier, la ministre malienne de la Culture Mme Diallo Fadima Touré, présente à la réunion annuelle de l’Unesco à Saint-Pétersbourg, a appelé les Nations unies « à prendre des mesures pour arrêter ces crimes contre l’héritage culturel » du Mali. En visite en Algérie, le chef de la diplomatie malienne Sadio Lamine Sow a affirmé avoir « discuté franchement de toutes les questions » sur la crise au Mali avec ses interlocuteurs algériens, en parlant de convergence de vues.
« Mon message à ceux qui sont impliqués dans cet acte criminel est clair : arrêtez la destruction de biens religieux maintenant. C’est un crime de guerre pour lequel mes services sont pleinement autorisés à enquêter », a déclaré pour sa part la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Mme Fatou Bensouda. « Mes services suivent de très près les événements au Mali et n’hésiteront pas à prendre les mesures appropriées si les informations recueillies indiquent qu’un crime a été commis, quel qu’en soit l’auteur », a-t-elle ajouté.
Samedi déjà, l’Unesco avait déploré les démolitions, qualifiées de « nouvelle tragique », et le gouvernement malien avait dénoncé « la furie destructrice assimilable à des crimes de guerre » du groupe islamiste armé Ansar Dine en menaçant les auteurs de ces actes de poursuites au Mali et à l’étranger.
La France, ex-puissance coloniale, a regretté une « destruction délibérée de mausolées de saints musulmans », tandis que pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, « de telles attaques contre des sites appartenant à l’héritage culturel sont totalement injustifiées ». Le Maroc a quant à lui réclamé « une intervention urgente » des États islamiques et de la communauté internationale pour protéger le riche patrimoine du Mali.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Examen de gendarmerie,dictée...les poules s'étaie,t échappées,cès qu'on leur avait ouvert la porte...les apprentis gendarmes,logiques,avaient tous écrit...."des cons leur avaient ouvert la porte"...c'est exactement çà....des CONS...
08 h 56, le 02 juillet 2012