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Économie - Analyse

Une « bonne surprise » qui permet de gagner du temps, mais pas plus

Les décisions de la zone euro pour sauver Rome et Madrid de l’asphyxie financière constituent une « bonne surprise » mais devraient tout juste suffire à gagner du temps, estiment des analystes, jugeant que la Banque centrale devra, in fine, venir à la rescousse des États.
« Pour les marchés, qui anticipaient un échec total du sommet européen », l’accord conclu dans la douleur « est une bonne surprise », constate le courtier Aurel BGC. « L’Italie et l’Espagne ont obtenu des avancées qui pourraient, à court terme, rassurer les marchés », estiment
les analystes. Dans le cadre d’une esquisse d’union bancaire avec un « superviseur unique », les fonds de secours de la zone euro pourront à terme recapitaliser directement les établissements financiers en difficulté, sans passer par les États et donc sans alourdir leur dette. Pour Bruno Cavalier, d’Oddo Securities, c’est « le (seul) point positif » de l’accord, avec l’assouplissement du statut des prêts consentis pour les banques espagnoles, qui devrait rassurer les investisseurs privés.
L’Italie, de son côté, a obtenu la promesse que les fonds de secours pourront venir en aide de manière plus flexible aux pays qui font leurs devoirs mais ne sont pas récompensés sur les marchés, par exemple en achetant de la dette pour desserrer l’étau. Sur ce point, les économistes sont plus dubitatifs. « Il faut encore comprendre ce que ça signifie exactement », souligne Carsten Brzeski, de la banque ING. En outre, la capacité d’intervention des fonds de secours « ne peut pas dépasser 700 milliards d’euros, dont environ 200 sont déjà utilisés » pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal, rappelle Bruno Cavalier, et « l’extension de cette enveloppe est hors de question actuellement ». Or, prédit Commerzbank, « de nouveaux SOS pourraient être lancés prochainement » : selon les calculs de la banque allemande, si l’Italie devait s’ajouter à la liste des pays nécessitant une aide, et si le Portugal et l’Irlande devaient avoir besoin de fonds supplémentaires, la facture totale atteindrait près de 1 000 milliards d’euros. « À court terme, les investisseurs pourraient être rassurés que l’Europe redonne un peu de liquidités au marché obligataire des deux pays, mais nous manquons encore de précisions cruciales pour être euphoriques et conclure que l’euro a été sauvé ! » reconnaissent les experts d’Aurel, pourtant parmi les plus positifs.
Comme souvent à l’issue de ces sommets, les analystes estiment que, finalement, le sort de la zone euro est dans les mains de la Banque centrale européenne (BCE), seule entité dotée de la puissance de feu illimitée à même de décourager la spéculation contre les États. « Si l’accord incite la BCE à intervenir avec un soutien sérieux aux marchés obligataires, ça pourra être un succès éclatant. Si la BCE reste en retrait, la crise pourra connaître une escalade dangereuse durant l’été », prévient Holger Schmieding, de Berenberg Bank.
Au-delà de ces avancées, Bruno Cavalier regrette que les projets d’intégration budgétaire ou politiques n’aient « pas avancé d’un millimètre », alors que les investisseurs réclamaient une vision à moyen et long terme de l’avenir de l’Union monétaire. Carsten Brzeski conclut par une métaphore footballistique, après la demi-finale de l’Euro 2012 : « À première vue, la décision pourrait apparaître comme une deuxième victoire italienne contre l’Allemagne (...). Mais de plus près, cela ressemble davantage à un match nul qui a fait entrer la crise de l’euro dans les prolongations. »
(Source : AFP)
Les décisions de la zone euro pour sauver Rome et Madrid de l’asphyxie financière constituent une « bonne surprise » mais devraient tout juste suffire à gagner du temps, estiment des analystes, jugeant que la Banque centrale devra, in fine, venir à la rescousse des États.« Pour les marchés, qui anticipaient un échec total du sommet européen », l’accord conclu dans la douleur « est une bonne surprise », constate le courtier Aurel BGC. « L’Italie et l’Espagne ont obtenu des avancées qui pourraient, à court terme, rassurer les marchés », estiment les analystes. Dans le cadre d’une esquisse d’union bancaire avec un « superviseur unique », les fonds de secours de la zone euro pourront à terme recapitaliser directement les établissements financiers en difficulté, sans passer par les États et donc...
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