Plus de 100 artistes russes de premier plan, dont le cinéaste Andreï Kontchalovsky et l’écrivaine Lioudmila Oulitskaïa, ont pris hier la défense des jeunes femmes du groupe « Pussy Riot », emprisonnées pour avoir chanté une prière punk anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou. « L’intelligentsia appelle à libérer les Pussy Riot », titre la lettre ouverte, placée sur le site de la radio Echo de Moscou. « Nous ne voyons aucun fondement juridique et aucune raison pratique au maintien à l’écart de la société de ces jeunes femmes qui ne présentent aucun danger », ajoutent les signataires. Parmi eux, figurent aussi l’écrivain Boris Akounine et le musicien Iouri Chevtchouk, leader du mythique groupe de rock DDT, qui ont joué un rôle de premier plan dans la contestation de ces derniers mois contre le pouvoir de M. Poutine. Mais figurent aussi les noms d’artistes qui n’avaient jusqu’à présent guère affiché leur position politique, voire qui avaient accepté de participer à des clips de soutien à l’ex-agent du KGB pour la présidentielle de mai, comme l’actrice Tchoulpan Khamatova.
La Cour suprême russe a réagi, soulignant qu’elle ne tolérerait « aucune pression » et que toute question devait être réglée après jugement par les possibilités d’appel et de pourvoi en cassation.
Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch, les trois jeunes membres des « Pussy Riot », sont en détention provisoire depuis plus de quatre mois pour avoir improvisé le 21 février, encagoulées et avec guitares et sonorisation, une prière punk intitulée Marie mère de Dieu – chasse Poutine ! devant l’autel de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Elles encourent sept ans de détention pour « hooliganisme ».
L’affaire « Pussy Riot » a suscité de nombreuses réactions de désapprobation. Amnesty International et l’ONG russe Mémorial ont réclamé leur libération, et le délégué pour les droits de l’homme auprès du Kremlin, Vladimir Loukine, a demandé une attitude « chrétienne » à leur égard.
(Source : AFP)


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