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À La Une - Crise

Syrie : réunion internationale samedi à Genève

Pour l'ONU, le pays se rapproche d'une guerre civile.

Le bâtiment de la télévision a été soufflé par l'explosion. AFP

La situation en Syrie ressemble de plus en plus à une guerre civile avec la multiplication des violences interconfessionnelles, avertit la Commission d'enquête mandatée par l'ONU, qui parle de "conflit armé" dans son dernier rapport publié mercredi.

 

Peu après la présentation de ce rapport, critique pour Damas, l'ambassadeur syrien auprès de l'ONU, Faisal Khabbaz Hamoui, a quitté les débats au Conseil dénonçant la "politisation flagrante" de la séance.

 

Le document, couvrant la période allant de février à juin, est établi par la Commission d'enquête internationale indépendante qui depuis août dernier agit sur mandat du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Dans leur rapport, les experts dénoncent une "nouvelle escalade de la violence" depuis mai 2012.

 

"La situation des droits de l'homme en Syrie s'est détériorée rapidement. De flagrantes violations des droits de l'homme ont lieu dans un contexte de combats de plus en plus militarisés", indiquent-ils.

 

"Dans certaines régions, les combats ont les caractéristiques d'un conflit armé non international" malgré l'augmentation des défections de militaires ainsi que l'apparition d'une "certaine fatigue" au sein des forces régulières syriennes, poursuivent-ils. Le "conflit armé non international" est la terminologie utilisée par les diplomates à l'ONU pour définir une situation proche de la guerre civile et peut permettre le recours au droit international relatif aux conflits.

 

Les enquêteurs dénoncent également des violences sexuelles commises sur des hommes, femmes et enfants par les forces du gouvernement ainsi que par les chabihas. Ils déplorent également une augmentation de la "violence interconfessionnelle".

 

"Alors qu'auparavant les victimes étaient ciblées selon qu'elles étaient pro-ou anti-gouvernementales, la Commission d'enquête a enregistré un nombre croissant d'incidents où les victimes semblent avoir été prises pour cible en raison de leur appartenance religieuse", expliquent les experts.

 

Sur le terrain, une attaque inédite contre une télévision gouvernementale syrienne al-Ikhbarya a fait sept morts mercredi près de Damas, a indiqué l'agence officielle Sana, qualifiant cette attaque de "terroriste".

 

Un groupe a mené une attaque "terroriste" et "barbare" contre le siège de la chaîne d'informations à Droucha, à 20 km au sud de Damas, tuant trois journalistes et quatre gardiens, et saccageant les locaux, indique Sana.

 

La télévision d'Etat a diffusé des images de destruction, notamment d'une salle réduite à des débris. C'est la première attaque du genre contre une télévision officielle en Syrie depuis le début de la révolte.

 

Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) a estimé que "les médias ne doivent pas être pris pour cibles", tout en condamnant "avec la plus grande fermeté la diffusion, par les médias (officiels syriens), de messages incitant à la haine et à la violence contre les populations civiles".

 

Le ministère de l'Information a dénoncé une "agression odieuse contre la liberté de la presse", pointant du doigt les sanctions de l'Union européenne visant les radios et télévisions officielles syriennes.

 

Ailleurs en Syrie, au moins dix soldats ont été tués dans la nuit près de Mayadine, dans la province de Deir Ezzor (est), selon l'OSDH qui fait état également de la défection de 15 autres militaires.

 

Dix civils ont péri dans la province d'Idleb (nord-ouest), où des corps se trouveraient également sous les décombres à Khan al-Sabil, bombardée par les forces du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

 

Toujours dans cette région, quatre soldats ont été tués dans le village de Maara Dabsa par une explosion.

Dans la province d'Alep (nord), plusieurs villes sont bombardées depuis l'aube. Des rebelles ont mené une attaque contre un aéroport militaire, indique l'ONG.

 

A Deraa, berceau de la contestation dans le sud, les bombardements visent depuis six jours la localité de Kafar Chams dont l'armée tente de prendre le contrôle, rapporte l'OSDH, faisant état de la mort de 24 personnes pendant cette période. A Douma, à 13 km de la capitale, cinq civils ont été tués par des tirs et des obus lancés par les forces militaires.

 

Dans ce contexte, une réunion du groupe d'action sur la Syrie se tiendra samedi à l'Onu à Genève, a annoncé un communiqué de Kofi Annan, l'émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue Arabe. Cette réunion, au niveau des ministres des Affaires étrangères, rassemblera les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les Etats Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande Bretagne. Des invitations ont été également adressées à la Turquie, ainsi qu'au Qatar et à l'Irak, ces deux derniers au titre de leur rôle au sein de la Ligue arabe.

 

M. Annan a par ailleurs souligné "la nécessité que l'Iran participe à la résolution" de la crise syrienne.

 

Enfin, une source militaire a indiqué que la Russie, alliée de Damas, pourrait livrer à la Syrie par avion cargo les hélicoptères militaires et systèmes de défense antiaérienne qu'elle a échoué la semaine dernière à acheminer par mer.

 

 

 

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