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Économie - Liban - Restauration

Les restaurateurs libanais, grands gagnants de l’Euro 2012 ?

Aux portes du mois de ramadan et à l’amorce d’une saison estivale déjà plombée par la situation sécuritaire, le football pourrait bien être l’ultime occasion pour les restaurateurs et propriétaires de pub de faire le plein de consommateurs.

On dit souvent du football qu’il a pour vertu de rassembler un peuple. Aujourd’hui et plus que jamais il semble bien que l’Euro 2012 soit parvenu à rassembler les Libanais, leur faisant oublier le temps d’un match, politique et divisions internes. Car aux portes de ramadan et à l’amorce d’une saison estivale déjà plombée par la situation sécuritaire, le football pourrait bien être l’ultime occasion pour les restaurateurs et propriétaires de pub de faire le plein de consommateurs. « L’Euro 2012 nous a clairement permis de souffler un peu, témoigne Antoine Karam, propriétaire des restaurants Chili’s à Gemmayzé et Sodeco. Nous avons ainsi pu augmenter notre chiffre d’affaires de presque 40 % durant les soirs de matchs. Avec près de 100 couverts par soir et 230 couverts à Sodeco, nous avons pu afficher complet à chaque événement. » Mais cela à quel prix ?
Pour avoir le droit de rediffuser les matchs, Antoine Karam a dû s’acquitter de la somme de 5 000 dollars à la chaîne de télévision al-Jazira. « On a réellement eu du mal à obtenir les droits de rediffusion, mais le jeu en valait la chandelle, insiste le propriétaire des deux franchises. Quelque part, ce qui a sûrement dû nous aider, est justement une concurrence moins rude, du fait de la cherté des droits de rediffusion. Il faut considérer cet investissement comme des frais de marketing », poursuit-il. Car la vraie question que se pose Antoine Karam comme nombre de ses pairs, est celle de l’après-match. « Nous espérons que cet épisode sportif et convivial encouragera les Libanais à sortir à nouveau, confie-t-il. Nous souhaitons que l’ensemble du secteur reprenne du poil de la bête alors que la situation est franchement désastreuse. » Selon Antoine Karam, les professionnels constatent entre 15 à 30 % de pertes par mois. Pour Paul Ariss, le président des syndicats de restaurateurs, si les professionnels ayant retransmis les matchs ont effectivement pu faire le plein de clients, ces derniers ont cependant peu dépensé en comparaison avec la Coupe du monde de football, il y a deux ans, ce qui témoigne de la situation économique du pays. « Les propriétaires de restaurants ont remarqué que le ticket moyen dépensé était inférieur de 30 à 40 % par rapport à la Coupe du monde il y a deux ans », indique-t-il. C’est effectivement ce que constate Gilbert Abella, propriétaire de Julia’s et Casa Del Gelato. « Nous avons retransmis les matchs dans notre restaurant Julia’s au centre commercial Le Mall, mais cela nous a à peine permis de gagner 15 % de clientèle, confie-t-il, rien qui puisse sauver la saison. » Le professionnel est très pessimiste quant à la situation économique du pays et au secteur hôtelier en particulier. « Nous sommes à -70 % de chiffre d’affaires par rapport aux autres années, se désole-t-il. Je ne vois pas ce qui pourrait sauver l’été. Khalass, c’est fini, déplore-t-il. Les seuls consommateurs sur qui nous pouvions encore compter sont les Libanais et aujourd’hui, les habitants de la banlieue nord et du littoral du Metn ne viennent même plus dîner à Beyrouth par peur d’y rester bloqués en cas d’incidents. » Son de cloche beaucoup plus optimiste pour Tony Ramy, secrétaire général du syndicat des restaurateurs et propriétaire du Falamanki. « Le football est une véritable échappatoire, livre-t-il. Nous avons décidé de retransmettre le match car cela représente une véritable valeur ajoutée en tant de crise. » À l’occasion de l’Euro 2012, le Falamanki propose des formules à 20, 33 et 38 dollars. « Le Liban est toujours la destination phare du Moyen-Orient, conclut M. Ramy. Nous avons les meilleurs festivals, la meilleure gastronomie, les meilleurs DJ, les touristes arabes vont passer à côté de belles vacances ! » Il paraîtrait que les Libanais ont la faculté de renaître de leur cendre... La rentrée nous le dira.
On dit souvent du football qu’il a pour vertu de rassembler un peuple. Aujourd’hui et plus que jamais il semble bien que l’Euro 2012 soit parvenu à rassembler les Libanais, leur faisant oublier le temps d’un match, politique et divisions internes. Car aux portes de ramadan et à l’amorce d’une saison estivale déjà plombée par la situation sécuritaire, le football pourrait bien être l’ultime occasion pour les restaurateurs et propriétaires de pub de faire le plein de consommateurs. « L’Euro 2012 nous a clairement permis de souffler un peu, témoigne Antoine Karam, propriétaire des restaurants Chili’s à Gemmayzé et Sodeco. Nous avons ainsi pu augmenter notre chiffre d’affaires de presque 40 % durant les soirs de matchs. Avec près de 100 couverts par soir et 230 couverts à Sodeco, nous avons pu afficher...
commentaires (2)

il y avait du monde dans les restaurants et dans les bars, pour les matchs. Par contre dans mon hôtel, ce n'était pas l'affluence de 2010. il faut dire que j'ai trouvé que les prix avaient augmentés cette année

Talaat Dominique

06 h 06, le 27 juin 2012

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Commentaires (2)

  • il y avait du monde dans les restaurants et dans les bars, pour les matchs. Par contre dans mon hôtel, ce n'était pas l'affluence de 2010. il faut dire que j'ai trouvé que les prix avaient augmentés cette année

    Talaat Dominique

    06 h 06, le 27 juin 2012

  • Mais pourquoi les restaurants vont-ils si loin, à la retransmission coûteuse de l'Euro 2012, pour attirer les clients ? Ils n'ont qu'à transmettre, par les chaînes locales et gratuitement, les exploits des "saraya almoqawamat" relevant du Hezbollah. Celles-ci se divisant en équipes, l'une incendiant une chaîne de TV, l'autre iuncendiant une autre "en réponse au premier incendie", une troisième incendiant le ring, une quatrième le quartier de Ras el-Nab'3, une cinquième celui de Basta et ainsi de suite, le chaos culminant de manière sûre et sans risque d'échec par la grandiose discorde sunnite-sunnite, sunnite-chiite et toutes les discordes possibles. Les transmissions inclueraient des flashs du palais des Mouhajerine même à Damas livrant aux téléspectateurs les impressions dues sur le succès de la pyromanie. Tout cela, bien sûr, avec des flashs en abondance avec les grandes figures locales chargées de l'exécution de toute la "fête". Avec de telles transmissions les restaurants multiplieraient leurs chiffres d'affaires des dizaines de fois. C'est garanti.

    Halim Abou Chacra

    22 h 59, le 26 juin 2012

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