Pour avoir le droit de rediffuser les matchs, Antoine Karam a dû s’acquitter de la somme de 5 000 dollars à la chaîne de télévision al-Jazira. « On a réellement eu du mal à obtenir les droits de rediffusion, mais le jeu en valait la chandelle, insiste le propriétaire des deux franchises. Quelque part, ce qui a sûrement dû nous aider, est justement une concurrence moins rude, du fait de la cherté des droits de rediffusion. Il faut considérer cet investissement comme des frais de marketing », poursuit-il. Car la vraie question que se pose Antoine Karam comme nombre de ses pairs, est celle de l’après-match. « Nous espérons que cet épisode sportif et convivial encouragera les Libanais à sortir à nouveau, confie-t-il. Nous souhaitons que l’ensemble du secteur reprenne du poil de la bête alors que la situation est franchement désastreuse. » Selon Antoine Karam, les professionnels constatent entre 15 à 30 % de pertes par mois. Pour Paul Ariss, le président des syndicats de restaurateurs, si les professionnels ayant retransmis les matchs ont effectivement pu faire le plein de clients, ces derniers ont cependant peu dépensé en comparaison avec la Coupe du monde de football, il y a deux ans, ce qui témoigne de la situation économique du pays. « Les propriétaires de restaurants ont remarqué que le ticket moyen dépensé était inférieur de 30 à 40 % par rapport à la Coupe du monde il y a deux ans », indique-t-il. C’est effectivement ce que constate Gilbert Abella, propriétaire de Julia’s et Casa Del Gelato. « Nous avons retransmis les matchs dans notre restaurant Julia’s au centre commercial Le Mall, mais cela nous a à peine permis de gagner 15 % de clientèle, confie-t-il, rien qui puisse sauver la saison. » Le professionnel est très pessimiste quant à la situation économique du pays et au secteur hôtelier en particulier. « Nous sommes à -70 % de chiffre d’affaires par rapport aux autres années, se désole-t-il. Je ne vois pas ce qui pourrait sauver l’été. Khalass, c’est fini, déplore-t-il. Les seuls consommateurs sur qui nous pouvions encore compter sont les Libanais et aujourd’hui, les habitants de la banlieue nord et du littoral du Metn ne viennent même plus dîner à Beyrouth par peur d’y rester bloqués en cas d’incidents. » Son de cloche beaucoup plus optimiste pour Tony Ramy, secrétaire général du syndicat des restaurateurs et propriétaire du Falamanki. « Le football est une véritable échappatoire, livre-t-il. Nous avons décidé de retransmettre le match car cela représente une véritable valeur ajoutée en tant de crise. » À l’occasion de l’Euro 2012, le Falamanki propose des formules à 20, 33 et 38 dollars. « Le Liban est toujours la destination phare du Moyen-Orient, conclut M. Ramy. Nous avons les meilleurs festivals, la meilleure gastronomie, les meilleurs DJ, les touristes arabes vont passer à côté de belles vacances ! » Il paraîtrait que les Libanais ont la faculté de renaître de leur cendre... La rentrée nous le dira.


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il y avait du monde dans les restaurants et dans les bars, pour les matchs. Par contre dans mon hôtel, ce n'était pas l'affluence de 2010. il faut dire que j'ai trouvé que les prix avaient augmentés cette année
06 h 06, le 27 juin 2012