Et rebelote ! Et les voilà qui se rabibochent le temps d’une réunion, qui échangent de larges sourires, l’espace d’une pose photo, qui répètent, à en mourir d’ennui, les mêmes arguments, les mêmes évidences, celles qui ont fait du dialogue national un absurde recommencement, le creuset de toutes les incompréhensions.
Un étalage flagrant d’irresponsabilités, de manquements au plus élémentaire des devoirs, alors que le pays va à vau-l’eau, que l’histoire, la grande, se redessine à nos frontières, dans un Moyen-Orient en pleine tourmente.
Basta ! Que cesse enfin cette risible comédie où l’on répète les mêmes reproches, les accusations les plus éculées, où l’on s’obstine à tourner en rond pour ne pas avoir à se télescoper, à exhiber, à grands fracas, le flagrant délit de l’impuissance, de l’incompétence généralisée.
Comment, peut-on encore croire à un dialogue fructueux, à l’ombre d’un gouvernement qui concentre, à travers ses composantes, dans son fonctionnement même, toutes les plaies du pays, tous les échecs de ceux-là mêmes qui s’arrogent des pouvoirs illégitimes, qui s’octroient, sans vergogne, le titre de « sauveurs de la République » ?
Qu’ils rentrent donc chez eux et laissent à d’autres, à des technocrates de préférence, le soin de tenter de recoller ce qu’ils ont décomposé, de reconstruire ce qu’ils ont détruit, de sortir la population du désespoir dans lequel ils l’ont engluée à coups de promesses non tenues, d’engagements falsifiés.
Mais quel est donc ce gouvernement qui nous serine tous les jours que le Liban est le plus sûr de tous les pays de la région alors que les réalités du terrain enveniment chaque jour un peu plus les antagonismes communautaires ? Quel est donc ce gouvernement qui ne parvient même pas à blinder le front interne, à assurer un minimum de vie décente au citoyen alors que les alertes se succèdent, que la colère gronde et que les dérapages se multiplient ?
Le scandale, le plus énorme des scandales, c’est bien sûr celui de l’électricité : l’EDL agonise, l’État légitime les moteurs de quartiers, une mafia institutionnalisée, et l’on entend le ministre responsable, mais opportunément absent, promettre que la collecte des factures d’électricité se fera désormais de façon équitable et dans toutes les régions... Mais de quelles factures parle-t-il quand le courant « officiel » est inexistant et que les sociétés privées créées pour l’occasion vont inévitablement brasser du vent ? Ubuesque, me diriez-vous, mais on est au Liban, au pays de tous les possibles, de toutes les absurdités...
Et s’il venait au citoyen de cracher, par dépit, sur un responsable pourri, celui-ci n’y verrait qu’une goutte de pluie tombée sur sa tête !
Pour conclure, cher lecteur, s’il vous faut encore un dessin pour mieux saisir les nuances de notre tragédie, celui de Pinter, ci-dessous, vous éclairera sur notre triste réalité. Celle d’aujourd’hui et de demain, si les mêmes responsables irresponsables, les mêmes « lumières » restent en charge de nos destinées.



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Si les Lumières voient le triomphe de la raison sur la foi et la croyance ; sur le plan politique chez nous c 'est le noir en tout et pour tout qui triomphe . Triste . Antoine Sabbagha
08 h 34, le 25 juin 2012