L’attaque de l’hôtel Spozhmaï sur les bords du lac Qargha a fait 22 morts, dont les 4 talibans. Qais Usyan/AFP
L’attaque a eu lieu sur les bords du lac Qargha, un lieu de villégiature situé à une dizaine de kilomètres de Kaboul, où les familles de la région profitent de manèges hors d’âge après un pique-nique. Elle a débuté jeudi vers 23h30 heure locale (19h00 GMT) et visé l’hôtel Spozhmaï, où l’élite de Kaboul passe ses jeudis soir, généralement en famille, hommes et femmes dînant ensemble.
« J’ai vu trois hommes entrer où les gens, les familles étaient rassemblés. Quelques instants plus tard, les tirs ont commencé. Les gens se sont mis à paniquer, à hurler », a raconté Sharifullah, 30 ans, qui était allé au Spozhmaï avec un ami. « Je me suis jeté dans un fossé, mais j’ai vu des balles toucher un père, son fils et sa femme, qui mangeaient à une table proche de la mienne. Je ne suis pas sûr qu’ils aient survécu. »
Des forces de sécurité afghanes et les troupes de la coalition ont ensuite été déployées sur place pour repousser les assaillants, qui ont d’abord pris des civils en otages. Au moins 40 de ces otages avaient pu être libérés avant l’annonce de la fin des combats, selon Sediq Seddiqi.
Zabihullah Mujahid, un porte-parole des insurgés, a pour sa part indiqué que « leurs moudjahidine avaient attaqué cet hôtel car des gens de haut niveau venant des ambassades, de l’ISAF ou de l’administration de Kaboul s’y rassemblent chaque jeudi pour des fêtes débridées, avec de la boisson et de la prostitution ».
« Cette attaque porte la signature du réseau Haqqani (affilié aux talibans), qui continue à viser et tuer d’innocents Afghans et à manifestement violer la souveraineté afghane depuis le Pakistan », pointe le général John Allen, commandant de l’ISAF, dans un communiqué. Kaboul et Washington ne cessent d’ailleurs de critiquer Islamabad à ce sujet, l’accusant notamment de donner refuge aux talibans, notamment ceux du réseau Haqqani, dans ses zones tribales frontalières de l’Afghanistan. Le Pakistan qualifie de telles accusations d’infondées.
L’attaque de Qargha est survenue quelques heures après une intervention du président Hamid Karzaï avertissant que les attaques contre la police locale et les soldats étaient en hausse « depuis les deux ou trois derniers mois ». L’attaque, même si elle a été contrée relativement rapidement, résonne comme un nouveau camouflet pour les autorités afghanes et la coalition. Elle démontre que les talibans peuvent frapper exactement où et quand ils le souhaitent en Afghanistan, y compris dans les environs les plus prisés de Kaboul, fréquentés par le gotha local, que protègent des policiers présents à l’année.
Les forces afghanes sont par ailleurs censées assurer elles-mêmes la sécurité du pays d’ici à la fin 2014, au départ des troupes de combat de l’OTAN qui soutiennent le fragile gouvernement de Kaboul.
(Source : AFP)


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