Le président de la commission parlementaire de l’Économie, du Commerce, de l’Industrie et de la Planification, Nabil de Freige, a réitéré son opposition aux nouvelles hausses des impôts, annoncées récemment par le ministre des Finances Mohammad Safadi. En effet, dans la version révisée du projet de budget 2012, figurent de nouvelles taxes, notamment un impôt supplémentaire de 15 % sur les transactions immobilières et une hausse de 2 points de la TVA et des taxes sur les taux d’intérêt.
« Nous sommes déjà presque en récession, ce n’est vraiment pas le moment de taxer davantage le secteur privé, a insisté Nabil de Freige dans une entrevue accordée à L’Orient-Le Jour. Le rôle de l’État est plutôt celui d’aider les secteurs en difficulté comme le tourisme, l’hôtellerie et la restauration. Réduire le déficit budgétaire en taxant davantage le secteur privé, c’est mettre l’économie en danger », a-t-il ajouté. La commission avait déjà rejeté fermement l’annonce des nouvelles impositions lundi lors d’une réunion à ce sujet. Pour le député et président de la commission, « de telles mesures risquent de causer la perte du système ». « En taxant le seul secteur qui fonctionne, à savoir le système bancaire, nous risquons une fuite des capitaux, une diminution de nos liquidités qui nous permettent pourtant de financer les secteurs privé et public à la fois », a-t-il ajouté.
Nabil de Freige en appelle ainsi à nouveau à la mise en place d’un véritable plan de sauvetage socio-économique. « La commission parlementaire demande à l’État de préparer un nouveau projet de budget sans augmentation de taxe, a-t-il poursuivi, et de trouver une autre manière de financer ses dépenses. Si cette hausse des impôts est adoptée, nous risquons de faire fuir les investisseurs, les créations d’entreprises et la confiance dans notre système bancaire. » Nabil de Freige avait déjà tiré la sonnette d’alarme en février dernier, déplorant le fait que 2012 soit la huitième année sans budget. « Nous allons vers une situation à la grecque, avait-il déclaré, vers la faillite. Le gouvernement dépense de manière irréfléchie. »
Rappelons que le cabinet a également approuvé un projet de loi portant ouverture d’un crédit supplémentaire pour couvrir les dépenses ainsi prévues, auxquelles doivent s’ajouter les dépenses prévues dans des annexes, et qui portent le montant total à 11,561 milliards de livres. Nabil de Freige a enfin réitéré son appel à un partenariat public-privé, soulignant que les banques semblent prêtes à financer les besoins de l’État.


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