Les sanctions internationales infligées à Damas du fait de la répression sanglante du soulèvement populaire entamé en mars 2011 ont entraîné une pénurie de carburant. De 33 000 tonnes en avril 2011, les importations liées à la demande du secteur privé libanais sont passées à 106 000 tonnes en avril 2012.
« Les derniers chiffres montrent une forte hausse des importations de diesel au Liban. Un pays ne double pas ses importations du jour au lendemain », a fait remarquer à Reuters un salarié de l’industrie pétrolière syrienne ayant requis l’anonymat. Le Hezbollah, allié du régime de Bachar el-Assad, joue selon lui un rôle majeur dans la contrebande à destination de la Syrie, mais d’autres mouvements sont impliqués et ne répondent pas qu’à la demande des autorités, soulignent les experts.
Mais pour Maroun Chammas, président de l’Association des importateurs de pétrole, « les raisons de la hausse de la demande de diesel ne sont pas en rapport avec la crise syrienne », a-t-il affirmé à L’Orient-Le Jour. « L’explication évoquée par Reuters est erronée », selon M. Chammas qui souligne que les importations de diesel ont augmenté de 50 % ces deux derniers mois, mais cela en raison d’autres facteurs. « La cause principale de la hausse de la demande est l’alignement du prix du diesel sur celui du gasoil ces derniers mois », a-t-il souligné.
Rappelons qu’en avril dernier, le prix de l’essence avait atteint des sommets (39 700 livres le bidon), provoquant la grogne des secteurs pétrolier et du transport. À ce sujet, les syndicats réclament toujours la fixation des prix de l’essence.
De plus, selon Maroun Chammas, les coupures d’électricité, de plus en plus récurrentes, ont contribué à alimenter l’augmentation de la demande de diesel. « Rien n’est destiné à la Syrie, a-t-il affirmé, là bas le gasoil est subventionné, il n’y a pas de demande de diesel. »


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