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À La Une - France

Hollande conforté par les législatives

La droite ne barrera pas la route au Front national.

François Hollande, le 10 juin à Tulle, pour le premier tour des législatives. AFP/BERTRAND LANGLOIS

Le président François Hollande sort conforté du premier tour des législatives en France, remporté par les socialistes et leurs alliés. Socialiste modéré et réformiste, François Hollande, élu le 6 mai, devrait, sauf surprise, avoir le soutien d’une « majorité large, solide et cohérente » à l’Assemblée nationale, qu’il appelait de ses vœux avant le scrutin parlementaire de dimanche. « L’essentiel, c’est que la majorité soit forte pour le président de la République », a insisté hier la patronne du Parti socialiste (PS) Martine Aubry, appelant les électeurs de gauche à ne pas se démobiliser et à confirmer la victoire lors du second tour, dimanche prochain. Mais c’est la relation entre la droite et l’extrême droite qui sera scrutée d’ici à dimanche prochain, aussi bien au sommet qu’à la base du parti de l’ex-président Nicolas Sarkozy, l’Union pour un mouvement populaire (UMP).


Selon les projections en sièges réalisées par les instituts de sondage, les socialistes recueilleraient dimanche prochain de 283 à 329 sièges, sur les 577 que compte l’Assemblée. Ainsi, ils auraient à eux seuls la majorité absolue, pourraient même se passer du soutien de leurs alliés de gouvernement écologistes (environ 10 à 15 sièges), et surtout de la gauche radicale. La droite, de son côté, a plutôt bien résisté, mais la concurrence de l’extrême droite lui ôte toute chance de l’emporter sur le fil la semaine prochaine, dans ces élections disputées au scrutin majoritaire à deux tours. Avec ses alliés, le parti UMP a recueilli 34 % des voix, contre 40 % pour les socialistes (environ 35 %) et les écologistes (environ 5 %). Il peut espérer entre 210 et 263 sièges dans la future Assemblée.


L’UMP doit une fois de plus se déterminer face à une extrême droite de plus en plus installée dans le paysage, avec 13,6 % des voix, et qui pourra maintenir 61 candidats au second tour, dans des duels contre la gauche ou la droite ou dans des « triangulaires » l’opposant à la fois à la gauche et à la droite. Les instances dirigeantes de la droite ont décidé hier de s’abstenir de tout choix au second tour entre la gauche et l’extrême droite, en dépit des appels lancés par la gauche pour maintenir un « cordon sanitaire » aussi étanche que possible autour du Front national (FN). « Pas question d’appeler à voter pour le Front national ni d’appeler à voter pour le candidat socialiste », a ainsi déclaré le chef de l’UMP, Jean-François Copé. « J’appelle l’UMP à être claire (...). Je crois qu’il faut être clair quand on défend un certain nombre de valeurs et quand on veut être digne de notre pays », venait de lui lancer Martine Aubry.


Car les socialistes ont de leur côté l’intention de retirer leur candidate, arrivée troisième à Carpentras, dans le Vaucluse, afin de faciliter un succès de la droite face à Marion Maréchal-Le Pen, dernière venue du clan Le Pen. Âgée de 22 ans, elle est la petite-fille du fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, et la nièce de sa dirigeante actuelle, Marine Le Pen.


L’UMP est sous la pression d’une base de plus en plus favorable à des accords avec le Front national. Près de Marseille, un candidat UMP, Roland Chassain, arrivé troisième dans une circonscription derrière un socialiste et une candidate du FN, s’est retiré afin de faciliter le succès de l’extrême droite.
Sans l’ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, la gauche radicale dominée par les communistes aura plus de mal à peser sur les choix d’un président disposant, sans elle, d’une majorité.

 

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