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À La Une - Syrie

Assad ressasse encore la même rengaine

L’opposition dénonce une volonté de poursuivre la répression.

Homs martyrisée au quotidien est devenue une ville fantôme, presque crépusculaire. Shaam News Network / AFP

Le président syrien Bachar el-Assad a nié hier tout lien avec le massacre de Houla dans lequel 108 personnes, dont 49 enfants, ont péri le 25 mai, se disant déterminé à venir à bout de la révolte qui secoue son régime depuis près de 15 mois, dans un discours de plus d’une heure devant le nouveau Parlement. Devant les députés issus des élections du 7 mai organisées en pleines violences et boycottées par l’opposition, M. Assad a rendu hommage à « tous les martyrs, civils ou militaires », soulignant que ceux ayant commis le carnage de Houla étaient des « monstres ».

 

Le président syrien a martelé que son pays faisait face à un « plan de destruction » et « à une véritable guerre menée de l’étranger », se posant en rempart contre le « terrorisme qui augmente ». Assimilant la révolte à du « terrorisme », il a souligné que son régime avait en vain « essayé par tous les moyens politiques » de sortir de la crise. Mais ceux responsables du « terrorisme (...) sont chargés d’une mission et ne s’arrêteront que s’ils l’accomplissent ou si nous arrivons à les arrêter ». M. Assad a en outre accusé des Syriens de toucher de l’argent pour participer aux manifestations antirégime. Le dirigeant syrien a aussi évoqué « des adolescents de 14 ans ou 15 ans ayant touché 40 dollars pour tuer », des membres des forces gouvernementales mais aussi des civils.

 

Le président a en outre prévenu qu’« il n’y aurait pas de compromis dans la lutte contre le terrorisme. La sécurité de la nation étant une ligne rouge ». Il a ainsi écarté tout dialogue avec les opposants « liés à l’étranger », en allusion notamment au Conseil national syrien (CNS) qui refuse également tout dialogue avant un départ de M. Assad.

 

« Gagner du temps »

Réagissant au discours, Samir Nachar, un membre de l’exécutif du CNS a dénoncé des propos qui reflètent la volonté du président Assad de poursuivre la répression « dans le sang ». Pour M. Nachar, « le discours d’Assad ressemble à ceux prononcés par des régimes autoritaires qui sont tombés dans la région en répétant la théorie du complot et en ignorant l’ampleur de la crise interne et les aspirations de leur peuple à la démocratie et à la liberté ». Les militants prodémocratie ont aussi riposté aux propos du président syrien sur leur page Facebook « The Syrian Revolution 2011 » : « Sortons tous (...) pour répondre au bourreau, au meurtrier des enfants. Mettez-vous en colère, intensifiez la colère sur le terrain par tous les moyens. »

 

La communauté internationale a multiplié ces derniers jours les mises en garde contre les risques d’une guerre civile en Syrie, même si elle est divisée sur la façon de régler le conflit alors que le cessez-le-feu préconisé par le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan est resté lettre morte. Face à l’escalade, le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal, dont le pays est très critique à l’égard du régime syrien, a accusé M. Assad de « manœuvrer » pour « gagner de temps » et a affirmé que son pays « soutient la création d’une zone-tampon ». Présent aussi à Djeddah pour une conférence sur la lutte contre le terrorisme, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dit avoir pris acte des demandes de la Ligue arabe de fixer un calendrier pour l’application du plan Annan et de recourir au chapitre VII de sa Charte pour imposer la rupture des liens diplomatiques et des sanctions à la Syrie. Il a en outre dit souhaiter qu’elles soient « discutées par le Conseil de sécurité ».

 

À son tour, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé M. Assad de conduite autocratique. « Jusqu’à présent, je ne l’ai pas vu appréhender les réformes avec une compréhension démocratique. Il continue d’appréhender les problèmes avec une logique autocratique », a ainsi lancé M. Erdogan, ajoutant qu’il sera « très difficile d’instaurer la paix en Syrie tant que cette compréhension prévaudra ».

 

À Saint-Pétersbourg

Parallèlement, les dirigeants de l’Union européenne et de la Russie se sont retrouvés hier à Saint-Pétersbourg pour un sommet de deux jours au cours duquel ils doivent aborder la question des violences. Le président russe Vladimir Poutine, son homologue de l’UE Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se sont rencontrés dès hier soir lors d’un dîner informel avant l’ouverture officielle du sommet lundi dans l’ancienne capitale impériale. Hier, lors d’un entretien téléphonique avec Kofi Annan, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réitéré qu’il n’y avait pas d’alternatives au plan de paix de M. Annan pour « un règlement politique et diplomatique de la crise » en Syrie, selon un communiqué.

 

La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a pour sa part exhorté la Russie à soutenir une transition politique, déclarant que le départ de Bachar el-Assad n’était pas une condition préalable mais devait être « un résultat » de cette transition.

 

Par ailleurs, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle va effectuer à partir d’aujourd’hui une tournée au Moyen-Orient.

 

« Généralisée »

Samedi, Kofi Annan avait déploré que le président syrien refusait d’appliquer le plan de paix et que les exactions de son armée se poursuivaient en dépit de l’indignation qu’elles suscitent dans le monde entier. Le diplomate ghanéen, qui s’exprimait dans le cadre d’une réunion de la Ligue arabe à Doha, au Qatar, a dressé un sombre tableau de la situation. Il a notamment constaté l’échec des efforts déployés par les Nations unies pour faire respecter le cessez-le-feu. « Le spectre d’une guerre généralisée, avec une dimension confessionnelle alarmante, grandit de jour en jour. J’ai senti très intensément les inquiétudes des voisins immédiats de la Syrie lors de mes consultations au cours des derniers jours », a-t-il en outre ajouté.

Le président syrien Bachar el-Assad a nié hier tout lien avec le massacre de Houla dans lequel 108 personnes, dont 49 enfants, ont péri le 25 mai, se disant déterminé à venir à bout de la révolte qui secoue son régime depuis près de 15 mois, dans un discours de plus d’une heure devant le nouveau Parlement. Devant les députés issus des élections du 7 mai organisées en pleines violences et boycottées par l’opposition, M. Assad a rendu hommage à « tous les martyrs, civils ou militaires », soulignant que ceux ayant commis le carnage de Houla étaient des « monstres ».
 
Le président syrien a martelé que son pays faisait face à un « plan de destruction » et « à une véritable guerre menée de l’étranger », se posant en rempart contre le « terrorisme qui augmente ». Assimilant la révolte à du «...
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