10 % de la population libanaise serait âgée de plus de 65 ans, un chiffre qui représente 400 000 personnes dont la moitié vivrait sans aucune couverture sociale.
Travailler à plus de soixante-dix ans n’est pas chose rare au Liban. Selon les chiffres de la Lebanese Economic Association (LEA), 10 % de la population libanaise serait âgée de plus de 65 ans, un chiffre qui représente 400 000 personnes dont la moitié vivrait sans aucune couverture sociale. C’est pour lutter contre le fléau de la pauvreté chez les personnes du troisième âge que la LEA a présenté hier à Beyrouth un rapport intitulé « Réformer le système de retraites au Liban ». Le document est le résultat de deux ans d’études menées en collaboration avec des représentants des ministères des Finances, du Travail, des Affaires sociales et de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS).
Étaient notamment présents lors de la présentation Mounir Rached, vice-président de la LEA, Pierre Pestieau, professeur à l’Université de Liège, et Charbel Nahas, ancien ministre du Travail. Mounir Rached a commencé par rappeler le fonctionnement du système de retraite actuel au Liban. « Ce dernier est très insuffisant, a-t-il insisté. En effet, seules les personnes ayant travaillé ont accès aux prestations de la Sécurité sociale. » Ainsi, les femmes qui représentent une importante part des 73 % de personnes du troisième âge ne perçoivent aucune pension. « La proportion de personnes âgées au Liban est actuellement la plus élevée de la région, a relevé le vice-président de la Lebanese Economic Association. Or, le système de retraites étant très “brinquebalant”, la prise en charge de la vieillesse repose encore sur la solidarité familiale, ce qui confirme la nécessité de mettre en place un vrai système de retraites au Liban. »
Selon les conclusions du rapport présenté hier, les prestations de retraites actuelles sont largement dépendantes du type d’emploi exercé durant la vie active. Tandis que les personnes ayant travaillé dans le secteur public ou l’armée bénéficient, par exemple, à la fois d’une pension de retraite et d’une assurance santé, ceux qui couverts par la CNSS (la Caisse nationale de Sécurité sociale), majoritairement des employés du secteur privé, perdent leurs avantages une fois arrivés en fin de carrière, au moment où ils en ont pourtant le plus besoin. Alors que faire pour les 73 % de personnes âgées qui ne perçoivent aucune prestation ? Comment identifier la pauvreté chez les personnes âgées ?
La proposition de la LEA
La LEA a ainsi élaboré un projet de loi avec le soutien du Centre de développement international (le CRDI Canada) relatif à la réforme du système de retraites libanais. Objectif du rapport : apporter une étude de faisabilité de la mise en place d’un régime de retraite universel de type non contributif.
La LEA recommande ainsi le versement mensuel d’une pension de retraite du gouvernement aux personnes de 65 ans qui n’ont aucune autre source de revenus. Selon la proposition de la LEA, cette tranche de la population âgée recevrait 75 % du salaire minimum, soit 337,5 dollars par mois ou 4 050 dollars par an. « De tels systèmes existent déjà dans des économies à revenus moyens supérieurs, a indiqué Mounir Rached, tel que le Brésil, ou même dans des pays plus pauvres, comme le Mali. » Selon la LEA, le coût d’un tel système de retraite reviendrait à environ 542 millions de dollars, un chiffre inférieur à la moitié du montant annuel des transferts à l’Électricité du Liban, soit 3,6 % du budget national et 1,2 % du PIB. Pour Pierre Pestieau, professeur à l’Université de Liège, « la prise en charge des personnes âgées est un indicateur de civilisation pour une société. Au Liban, la pauvreté chez le troisième âge est un véritable fléau ». Le projet de loi proposé par la LEA sera prochainement soumis aux parlementaires pour que les personnes âgées ne soient plus les oubliées de l’économie.
Étaient notamment présents lors de la présentation Mounir Rached, vice-président de la LEA, Pierre Pestieau,...


Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre