Après les incidents de Tripoli, les soubresauts sanglants au Akkar, les règlements de comptes et déchaînement de forcenés à Tarik Jdidé et à Raouché, l’affaire tragi-rocambolesque, dans ses multiples rebondissements, des pèlerins chiites enlevés à Alep a clairement démontré l’imbrication étroite qui caractérise les parcours libanais et syrien. Un enchevêtrement de nature à attiser encore plus les discordes communautaires, malgré l’unanimité conjoncturelle qui s’est manifestée pour dénoncer le rapt des Libanais.
Le topo de base est clair : d’un côté, un Hezbollah viscéralement lié au régime syrien, Hassan Nasrallah, dans son discours « modéré » de vendredi dernier, avisant ses détracteurs que ce lien est intangible, de l’autre, un courant du Futur totalement solidaire de la rébellion syrienne, Saad Hariri appelant de ses vœux « la chute du tyran ». D’un côté, un parti chiite qui soutient, de toutes les manières possibles, une nomenklatura alaouite placée au ban de la communauté internationale, de l’autre un courant et des mouvances sunnites qui défendent avec acharnement leurs coreligionnaires syriens soumis à la plus brutale des répressions.
Et en arrière-plan, en toile de fond de la scène libanaise, des armes qui circulent du Nord au Sud, d’Est en Ouest, des arsenaux que le Hezbollah estime légitime de détenir, pour raison de Résistance, que les factions sunnites s’évertuent à amasser, à acquérir pour raison d’autodéfense. Un engrenage mortel qui s’est enclenché un certain 7 mai à Beyrouth-Ouest, qui a ricoché à Tripoli et qui ouvre largement la voie à tous les abus, à tous les extrémismes.
Bien sûr que les islamistes sont solidement implantés au Liban, dans sa partie septentrionale plus précisément, bien sûr que les salafistes et autres sunnites intégristes ont repris du poil de la bête et entendent faire étalage de leur force, gonfler leurs biceps pour bétonner leur chasse gardée, marquer un territoire qu’ils considèrent comme le pendant de la banlieue chiite de Beyrouth, comme une réaction naturelle à l’exclusivité du potentiel armé que s’est arrogé le Hezbollah.
Pourquoi se refuser à l’évidence, ne pas admettre que l’arrogance est source d’humiliation et que la frustration conduit forcément à la colère et à l’extrémisme ? Pourquoi ne pas reconnaître que la possession des armes par un parti exclusivement chiite ne pouvait mener, à terme, qu’à une exigence de similarité au sein de la communauté sunnite ?
Le Liban-Sud, rappelons-le, a été libéré il y a douze ans et le pays, depuis lors, célèbre l’événement tous les 25 mai. Il y a donc douze ans que le Hezbollah aurait dû livrer ses armes à l’État, ce qui aurait permis à l’armée de jouer le rôle qui est supposé être le sien. C’est à l’État, bien sûr, et à lui seul, que revient la responsabilité de défendre ses droits sur Chebaa, d’en assurer le retour dans le giron de la nation. C’est la perpétuation d’une force armée non légale qui affaiblit la troupe, la prive de l’autorité nécessaire et incite d’autres parties à s’armer.
Le péché originel est là, tout le reste est mensonges et affabulations.
Le président Michel Sleiman, dans le contexte actuel de tensions communautaires, a appelé à la reprise du dialogue national en juin prochain. L’affaire des armes sera évidemment au centre des débats. C’est alors que l’on saura qui de l’agenda régional ou de la paix civile au Liban est prioritaire aux yeux du Hezbollah...


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Cher Carlos Achkar, les Libanais pas patriotiques ? Vous vous trompez mon ami. Tenez, on a des Libanais Patriotes Iraniens, d'autres Patriotes Syriens, d'autres Patriotes Saoudiens, d'autres Patriotes Turcs, d'autres Patriotes Egyptiens, Patriotes même des îles bananiennes. Il y en a une panoplie de Patriotismes à satisfaire tout le monde. EXCEPTÉ... ! Oh ! que c'est douloureux à le dire : excepté Libanais. Car s'il y avait des Patriotes Libanais, on ne serait point arrivé là où nous en sommes. Bonne nuit
15 h 32, le 29 mai 2012