L’activité commerciale dans la capitale a plongé de 75 % en cinq jours, selon l’Association des commerçants de Beyrouth.
La saison estivale, les professionnels du tourisme l’attendaient de pied ferme. Bien décidés à compenser un début d’année économiquement morose, tous misaient gros sur cet été 2012. Mais samedi, l’annonce a eu l’effet d’une bombe sur le secteur touristique. Quatre pays du Golfe (Bahreïn, Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït) ont appelé leurs ressortissants à éviter le Liban, alors, déjà, théâtre de violences. « Nous avions déjà constaté une diminution sensible de l’activité commerciale depuis la mi-mai, note Nicolas Chammas, président de l’Association des commerçants de Beyrouth (ACB), mais depuis ces recommandations et les événements de dimanche qui ont suivi, l’activité s’est effondrée de pratiquement 75 % en cinq jours. »
Pour le président de l’ACB, « les indicateurs économiques étaient déjà dans le rouge avant même les événements sécuritaires de dimanche. Aujourd’hui, Beyrouth est devenue une ville fantôme, à nouveau c’est l’économie libanaise qui paie le prix », déplore-t-il. Même son de cloche du côté des professionnels du tourisme. Tony Ramy, secrétaire général du syndicat des restaurateurs, a constaté une diminution du chiffre d’affaires de 70 à 80 % en trois jours. Même s’il essaie de rester optimiste sur la saison à venir, Tony Ramy ne peut cacher son dépit. « Des dizaines de millions de dollars ont été investis pour l’été, d’énormes efforts ont été déployés, poursuit-il. Après les succincts scandales alimentaires du mois de mars dernier, nous avions mis les bouchées doubles pour attirer à nouveau les touristes. Les professionnels ont investi dans la formation, dans le suivi, tous avaient misé gros sur l’été. » Pour l’instant, comme la plupart de ses pairs, Tony Ramy espère que la situation se stabilisera au plus vite et que l’image du pays du Cèdre à l’extérieur ne sera pas trop affectée. « Il faut à tout prix rester optimiste, espérer que les politiciens cèdent enfin la place aux économistes. »
C’est également l’appel que lance Nicolas Chammas. « La situation est telle que le moindre incident même hors de Beyrouth peut directement affecter l’économie de la capitale. Cette fois-ci, de petits aménagements ne suffiront pas pour que l’activité économique reprenne, souligne-t-il, seul un signal politique fort, tel qu’une reprise du dialogue national, pourrait éviter de nous faire perdre complètement la saison estivale. »
À près d’un mois du ramadan, et suite aux récents événements qui se sont greffés à une situation économique déjà morose, le président de l’Association des commerçants de Beyrouth s’attend à un taux de croissance quasi nul pour le deuxième trimestre de l’année ainsi que pour le troisième en fonction de l’issue des événements politiques. « L’effet s’est directement fait sentir, ajoute Gaby Tamer, vice-président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban. La saison est déjà affectée, les gens sont psychologiquement affectés, consomment moins, sont dans l’attente, poursuit-il. Mais il faut rester optimiste, c’est toute une économie qui est en jeu. »
Les professionnels misent ainsi sur une stabilisation de la situation politique et une rétractation des pays du Golfe quant aux séjours de leurs ressortissants au Liban. « Si rien n’est fait, cela pourrait bien être le pire été depuis 2006 », conclut Nicolas Chammas.
Pour le président de l’ACB, « les indicateurs...


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