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Lifestyle - Festival De Cannes

L’impossible « On The Road » enfin sur grand écran

Kerouac avait voulu Brando ; le Brésilien Walter Salles a choisi Garrett Hedlund.

Jack Kerouac aurait bien vu Marlon Brando dans le rôle de Dean Moriarty, héros passionné du légendaire Sur la route. Il aura fallu attendre encore plus de 50 ans pour que film arrive à l’écran. L’un des plus longs « développements » de l’histoire du cinéma. Réalisé par le Brésilien Walter Salles, il était présenté hier à Cannes, en lice pour la Palme d’or. « Un livre mythique, des générations entières qui se sont projetées dans ses personnages : l’erreur était interdite », insiste le producteur Nathanaël Karmitz (MK2) qui a porté le projet après une « bonne dizaine de tentatives avortées ».
Initialement, les droits avaient été acquis en 1978 par Francis Ford Coppola pour lui-même, avant qu’il ne le propose, entre autres, à Jean-Luc Godard ou Gus Van Sant – son fils Roman aussi a vainement tenté de s’y atteler. Selon Karmitz, deux obstacles essentiels barraient la route de On the Road au cinéma : raconter « des histoires de sexe, de drogue, d’énergie et de rencontres, sans narration linéaire, très différentes des canons des studios américains » et tourner un « road-movie historique » dans une Amérique modelée autour des centres commerciaux et l’abandon des centres-villes. Entre-temps, avec Carnets de voyage en 2004, racontant le voyage de Che Guevara à travers l’Amérique du Sud, Walter Salles est passé « maître du road-movie et des films compliqués » sourit le producteur : parrainé par Coppola, qui le découvre à Sundance, il s’y colle à son tour.
Salles va alors refaire trois fois le parcours de Sur la Route, d’est en ouest de New York à San Francisco en passant par le Mexique, s’immerger dans son univers, rencontrer les derniers protagonistes vivants, s’intéresser à l’histoire du jazz : « Trois ans de recherches plein pot, qu’il filme comme un documentaire » avant l’écriture du scénario, reprend Charles Gillibert, complice de Nathanaël Karmitz, qui a géré la production sur le terrain. « Il est entré dans l’univers du livre, son imaginaire, sa musique, il ne faisait rien d’autre. Début 2009, il tenait un scénario solide. »
Incidemment, alors qu’il les voit pour autre chose, Walter Salles évoque devant les deux producteurs ce scénario qu’il couve : « Ça nous paraissait infaisable, mais on y a cru tellement », résume Karmitz. Le projet, signé à Los Angeles en janvier 2010, est bouclé à Cannes en mai suivant avec des coproducteurs européens, pour un budget (tenu, jure-t-il) de 25 millions d’euros. Et un tournage prévu à l’été. Les acteurs avaient été castés très tôt – « Garrett Hedlund a tout refusé pendant deux ans, comme le décorateur Carlos Conti » – souligne Gillibert. Entre-temps la carrière de Kristen Stewart (Twilight) a explosé. « Walter Salles a d’abord enfermé les acteurs dans un loft à Montréal en juillet, un genre de camp pour les habituer à vivre ensemble, pour que cette énergie revienne naturellement sur le plateau », poursuit Gillibert.
Le tournage commence en août, compliqué : « L’Amérique des années 40 n’existe plus, un tiers des lieux ont été décidés pendant le tournage. Il fallait vivre une aventure, pas une reconstitution. » Arizona, Nouveau-Mexique, Canada, Californie, Mexique. On va chercher la neige des hivers canadiens en Argentine, à Bariloche – emmenant une Hudson de collection, la voiture-paquebot de l’équipée sauvage. « La seule façon de s’en sortir, c’était d’avoir un chef opérateur (le Français Éric Gautier) pouvant travailler avec les moyens du bord et des acteurs qui, malgré leur notoriété, étaient prêts à vivre cette aventure », ajoute Charles Gillibert. « Ce livre a changé la vie de beaucoup de gens, le film a fait de même. »
(Source : AFP)
Jack Kerouac aurait bien vu Marlon Brando dans le rôle de Dean Moriarty, héros passionné du légendaire Sur la route. Il aura fallu attendre encore plus de 50 ans pour que film arrive à l’écran. L’un des plus longs « développements » de l’histoire du cinéma. Réalisé par le Brésilien Walter Salles, il était présenté hier à Cannes, en lice pour la Palme d’or. « Un livre mythique, des générations entières qui se sont projetées dans ses personnages : l’erreur était interdite », insiste le producteur Nathanaël Karmitz (MK2) qui a porté le projet après une « bonne dizaine de tentatives avortées ».Initialement, les droits avaient été acquis en 1978 par Francis Ford Coppola pour lui-même, avant qu’il ne le propose, entre autres, à Jean-Luc Godard ou Gus Van Sant – son fils Roman aussi a...
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