Léos Carax a refait surface au volant de son Holy Motors, hier, à Cannes, derrière ses lunettes noires et une galerie de 11 personnages aux figures de style déclinées par Denis Lavant, son indéfectible acteur. Rêve éveillé ou profond cauchemar d’un vieillard mourant, le troisième film français en lice pour la Palme d’or (le seul qui satisfasse, pour l’instant, les exigences du président Moretti, assurent d’aucuns...) promène son acteur dans différentes peaux, de grand patron, de tueur, de mendiante, de monstre, de père de famille. Dans ce voyage au bout de la nuit, conduit par Céline (Édith Scob) à bord d’une « stretch-limo » blanche qui lui sert aussi de loge pour se changer, M. Oscar croise Eva Mendès, la chanteuse pop australienne Kylie Minogue, des chiens et une paire de guenons bonobos. Adulé, écorché, Carax restera à jamais – au plus grand désespoir de sa productrice, Martine Marignac – l’homme des Amants du Pont-Neuf, film culte et naufrage économique qu’il mena finalement à son terme à 30 ans à peine – il en a 51 aujourd’hui. Il en garde les fans, les irréductibles, qui ont crié au miracle hier, riant à gorge déployée pour saluer le retour du messie. Et les autres, soupçonneux et soucieux de dénicher la supercherie. L’audace formelle du film contrebalance les errances du scénario qui emmène notamment l’interprète dans des égouts, à la Samaritaine en travaux, dans un cimetière – où chaque tombe porte en guise d’épitaphe : « Visitez mon site. » « À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l’action. Des femmes et des fantômes de sa vie », résume le dossier de presse. « Tous les personnages étaient difficiles à trouver mais ceux qu’on redoutait le plus avec Léos étaient ceux du père avec sa fille, ou du vieux en train de mourir... j’ai décidé de faire confiance à l’histoire et à l’œil derrière la caméra », a résumé Denis Lavant, plus que jamais pâte à modeler sur les fantasmes de son créateur. « Moi, je lis une scène, je pense l’avoir comprise, mais Léos m’emmène ailleurs, vers plus d’humanité et pour trouver mon personnage à un moment je me rapproche de la danse, de l’expression corporelle », relève ensuite l’acteur, qui suit Carax depuis déjà 30 ans. Léos Carax qui dit avoir « appris à faire du cinéma en allant au cinéma » a truffé son Holy Motors de références pour cinéphiles et rend aussi hommage aux caméras d’avant, du temps où on disait « Moteur, action ! ». « Aujourd’hui on dit “power” parce qu’il n’y a plus de moteur dans les caméras. Mais c’est un faux pouvoir. »
Léos Carax a refait surface au volant de son Holy Motors, hier, à Cannes, derrière ses lunettes noires et une galerie de 11 personnages aux figures de style déclinées par Denis Lavant, son indéfectible acteur. Rêve éveillé ou profond cauchemar d’un vieillard mourant, le troisième film français en lice pour la Palme d’or (le seul qui satisfasse, pour l’instant, les exigences du président Moretti, assurent d’aucuns...) promène son acteur dans différentes peaux, de grand patron, de tueur, de mendiante, de monstre, de père de famille. Dans ce voyage au bout de la nuit, conduit par Céline (Édith Scob) à bord d’une « stretch-limo » blanche qui lui sert aussi de loge pour se changer, M. Oscar croise Eva Mendès, la chanteuse pop australienne Kylie Minogue, des chiens et une paire de guenons bonobos.Adulé,...
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