Le pouvoir iranien avait appelé à des manifestations populaires dans tout le pays pour dénoncer « le plan américain d’annexion de Bahreïn par l’Arabie saoudite » et « exprimer leur colère contre les régimes laquais d’al-Khalifa et d’al-Saoud », les dynasties régnantes des deux pays. L’Iran dénonce violemment depuis une semaine un projet d’union entre l’Arabie saoudite et le petit royaume de Bahreïn, secoué par des manifestations de la population majoritairement chiite, comme en Iran, contre le pouvoir sunnite.
Pour Téhéran, ce projet ne peut qu’aggraver la crise dans ce pays. Il s’agit d’« un complot pour annexer Bahreïn à l’Arabie saoudite », a dit l’ayatollah Kazem Sedighi dans son sermon à Téhéran. Les dirigeants saoudiens et bahreïnis « l’appellent une union, mais ils veulent que Bahreïn perde son identité plutôt que de répondre aux revendications de sa population. Les Iraniens et les peuples musulmans du monde ne toléreront pas cette conspiration américano-sioniste », a-t-il poursuivi en ajoutant que son seul résultat serait d’« apporter le déshonneur à l’Arabie saoudite ».
Les dirigeants bahreïnis et saoudiens ont vivement répliqué aux protestations iraniennes en accusant l’Iran d’ingérence dans leurs affaires.
Plusieurs dizaines de milliers de Bahreïnis ont également manifesté hier près de la capitale Manama. Défilant sur la route de Boudaiya, reliant plusieurs villages chiites autour de Manama, les manifestants, dont certains étaient drapés des couleurs nationales rouge et blanc, ont scandé des slogans hostiles au projet d’union. Les organisateurs de la manifestation se sont engagés à prévenir « tout débordement » ou tout slogan « portant atteinte » aux autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a indiqué le ministère de l’Intérieur sur Twitter. À la fin de la manifestation, qui s’est déroulée sans incident majeur, l’opposition a souligné « le droit du peuple bahreïni à l’autodétermination. Toute décision qui touche à la souveraineté de Bahreïn (...) sans consulter le peuple par voie d’un référendum (...) représentatif sera nulle et non avenue ».
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine