Paris avait déjà levé avec succès le 7 mai près de 8 milliards d’euros à court terme, à des taux déjà en baisse. Mais l’émission d’hier était la première d’importance sur des échéances de moyen et long terme depuis la victoire du candidat socialiste à l’élection présidentielle. L’opération était du coup surveillée de près pour évaluer le degré de confiance des marchés envers la France en pleine alternance politique.
In fine, les investisseurs ont été au rendez-vous en achetant 9 178 milliards d’euros de titres de dette, soit légèrement plus que les prévisions de l’Agence France Trésor.
Luxe supplémentaire : les taux consentis par la France ont même reculé. C’est-à-dire que les investisseurs n’ont pas exigé des rendements plus élevés pour prêter de l’argent au pays. Au contraire, ils semblent même lui faire davantage confiance qu’il y a un mois.
Dans le détail, deux lignes de BTAN (bons du Trésor à taux fixe et intérêts annuels) ont été émises à échéance de 2 et 5 ans, à des taux respectifs de 0,74 % et 1,72 %, contre 0,85 % et 1,83 % lors de la dernière adjudication comparable le 19 avril, juste avant le premier tour de la présidentielle. Le taux consenti sur l’échéance à 5 ans constitue même un record à la baisse depuis la création de la zone euro en 2000. Un mouvement de détente similaire a été constaté sur la ligne d’OAT (obligations assimilables au Trésor) à échéance de 4 ans, avec un taux de 0,95 % contre 1,06 % le 19 avril.
Sur les échéances plus longues à 10, 11 et 15 ans, indexées sur l’inflation, les taux sont en revanche ressortis en légère hausse, mais ils sont beaucoup moins significatifs car ils anticipent une hausse des prix et sont moins demandés, expliquent les opérateurs.
(Source : AFP)


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