Lutte contre le blanchiment d’argent, respect des sanctions internationales ou encore endettement : le système bancaire libanais, colonne vertébrale de l’économie libanaise, est actuellement soumis à de nombreux défis. C’est dans ce contexte que le Carnegie Middle East Center, en coopération avec l’Association des banques du Liban (ABL), a organisé hier à Beyrouth une conférence sur le thème de l’industrie bancaire au Liban. Étaient notamment présents à cette rencontre Khater Abi Habib, président et directeur général de la société Kafalat, Saad Azhari, président et directeur général de la BLOM Bank, ainsi que Wassim Shahin, professeur à la Lebanese American University (LAU).
« Le secteur bancaire libanais est caractérisé par d’importantes liquidités, a souligné d’emblée Saad Azhari. Les ratios de liquidité primaires demeurent toujours bien au-dessus des standards régionaux et internationaux, représentant environ la moitié des dépôts de la clientèle », a-t-il souligné. Rappelons que malgré un environnement interne et régional instable, les dépôts bancaires ont enregistré une hausse de 7,9 % en 2011, soit une progression de 8,5 milliards de dollars par rapport à 2010, s’établissant ainsi à 115,7 milliards de dollars en décembre dernier contre 107,2 milliards de dollars un an plus tôt. Ces chiffres témoignent néanmoins d’un ralentissement de la croissance des dépôts par rapport à 2009-2010. Saad Azhari a par ailleurs qualifié le secteur bancaire libanais de très ouvert vers l’étranger, avec des banques libanaises présentes dans 33 pays hors du territoire. « L’augmentation des prêts bancaires au secteur privé demeure en outre de 15 % supérieure à la croissance moyenne des crédits octroyés ces cinq dernières années », a-t-il précisé. Sur l’ensemble de l’année 2011, la croissance des prêts a été le fait du secteur résident avec une augmentation de 3,9 milliards de dollars, soit une contribution de 88 % des nouveaux prêts octroyés par les banques libanaises.
De son côté, Wassim Shahin a insisté sur la question de « la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ». « Il s’agit là des défis majeurs que doit relever le Liban », a-t-il souligné. Les autorités américaines avaient porté plainte, rappelle-t-on, contre la Banque libano-canadienne le 15 décembre 2011, l’accusant d’avoir aidé au blanchiment d’argent lié au trafic de drogue et de fournir des services financiers au Hezbollah et au gouvernement iranien.
Saad Azhari a souligné à cet égard que les banques libanaises répondent à toutes les normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. « Par ailleurs, la Banque du Liban (BDL) fait un excellent travail de régulation, notamment en matière de respect des sanctions internationales contre la Syrie et l’Iran, a-t-il déclaré. Cette dernière avait en effet émis une circulaire dans laquelle elle demandait à l’ensemble des institutions bancaires du pays d’éviter tout transfert d’argent de Syrie ou d’Iran vers le Liban et de respecter les engagements envers la communauté internationale. »
« Il faut également saluer l’excellent travail effectué par les banques elles-mêmes, a insisté Khater Abi Habib, ces dernières sont très responsables et agissent souvent avant même la législation, en refusant certaines transactions. Nous avons tous intérêt à respecter les normes internationales ». a-t-il souligné.
De nombreux responsables du Trésor américain ont visité Beyrouth depuis le début de l’année pour s’assurer que le Liban n’est pas utilisé par les Syriens comme canal pour échapper aux sanctions internationales.
« Le secteur bancaire libanais est caractérisé par d’importantes liquidités, a souligné d’emblée Saad Azhari. Les ratios...


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