Élu le 6 mai avec 51,6 % des suffrages, l’ancien patron du Parti socialiste prépare son installation à l’Élysée et a participé une dernière fois hier au Conseil national du PS. Rien ne filtre depuis une semaine sur le choix de son Premier ministre, même si les noms d’hiérarques socialistes et de proches du président élu, comme le député Jean-Marc Ayrault, la patronne du PS Martine Aubry, circulent dans la presse.
La passation des pouvoirs entre le socialiste et Nicolas Sarkozy aura lieu ce matin. Le cérémonial, immuable depuis le début de la Ve République, prévoit un entretien à huis clos au palais de l’Élysée où le président sortant doit informer le nouveau chef de l’État français des procédures en matière d’arme nucléaire. Après une cérémonie d’investiture, M. Hollande fera sa première allocution avant de remonter l’avenue des Champs-Élysées dans une Citroën décapotable. Il rendra hommage à Jules Ferry, grande figure de la gauche républicaine et « père » de l’école laïque, obligatoire et gratuite, et au double prix Nobel de chimie et de physique au début du XXe siècle, Marie Curie.
Il rentrera dans le vif du sujet de son quinquennat avec la désignation de son Premier ministre qui dévoilera demain la composition de son gouvernement avec une volonté affichée de parité hommes/femmes et l’entrée probable de ministres écologistes. Le chef du gouvernement sera également chargé de mettre en ordre de bataille les socialistes pour les législatives des 10 et 17 juin pour permettre au nouveau président d’obtenir une majorité « large, solide et loyale » comme celui-ci l’a souhaité hier soir devant ses amis socialistes. Mais le dossier qui doit donner la tonalité de son quinquennat sera discuté dès ce soir à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel : la renégociation du traité de discipline budgétaire européen auquel il veut ajouter un volet sur la croissance. Berlin a affiché son opposition à toute renégociation, rappelant que le texte a déjà été adopté par 25 pays de l’Union européenne. La chancelière se veut toutefois optimiste et dit croire en un partenariat « stable » avec Paris, tandis que son ministre des Finances Wolfgang Schäuble assure que croissance et assainissement budgétaire ne sont pas contradictoires.
Dimanche, le porte-parole du PS français Benoît Hamon a appelé Mme Merkel à « comprendre » qu’elle ne pouvait « décider seule du sort de l’Europe ». Mais selon le député socialiste Henri Emmanuelli, François Hollande et Angela Merkel « chercheront le compromis ». Les négociations autour de la relance de la croissance, prônée par François Hollande, et la nécessité de la rigueur budgétaire sur laquelle insiste la chancelière allemande ne vont pas « déboucher en 24 heures ».
Après Berlin, M. Hollande s’envolera pour Camp David, aux États-Unis, où il participera au G8 vendredi et samedi. Il ira ensuite à Chicago dimanche et lundi pour un sommet de l’OTAN. Il devra notamment expliquer au président américain sa volonté d’amorcer de manière anticipée le retrait des troupes françaises en Afghanistan. Les États-Unis, qui ont le principal contingent étranger déployé en Afghanistan, craignent qu’un retrait français ne donne le signal d’un départ massif des autres pays engagés sur place depuis 2001.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine