Jamais dans l’histoire de ce pays, la déliquescence politique n’a été aussi criante, l’irresponsabilité aussi générale ; jamais, tout au long des guerres que le Liban a vécues, le niveau du discours, de l’adresse au citoyen, n’a été aussi désastreux, aussi dégoulinant de bêtises, de mensonges et de mépris...
Des gouvernants qui ne gouvernent pas et qui se balancent des peaux de banane sous les pattes, des réunions ministérielles sans cesse différées pour raison d’incompatibilité d’humeur, un cercle restreint de têtes très peu pensantes où le plus compétent est forcément celui qui raconte le plus de bobards ; un cartel où le plus futé est celui qui s’offusque et s’indigne quand ses doctes explications ne font pas l’unanimité.
Les budgets peuvent attendre, se perdre dans les sombres dédales des filières de la corruption, l’État peut surseoir indéfiniment à ses obligations, se complaire dans l’euphorie de sa non-gouvernance : les contempteurs sont trop occupés à farfouiller dans les poubelles du passé, trop affairés à y puiser des raisons pour de futures croisades donquichottesques. La volonté de changement affichée à longueur d’interminables journées n’est plus qu’un masque dérisoire révélant, a contrario, la duplicité des nombreuses « mains propres ».
Que les centrales électriques crachouillent, que les usines flambent faute d’entretien et de contrôle municipal, que les Tripolitains mettent leur ville à feu et à sang, que les moins nantis se retrouvent à la rue, que les employés voient leurs salaires fondre comme neige dès la première semaine de chaque mois, qu’importe : le gouvernement n’entend pas débarrasser le plancher et ceux qui le houspillent, l’invectivent, s’emploient, en catimini, à le maintenir en vie pour mieux le discréditer...
Ubuesque ? On n’est pas à une aberration près et le navire va à la dérive emportant dans une même galère les pourris et les bonnes gens, les « petits malins » qui traficotent déjà les prochaines législatives et les rêveurs innocents à qui on fait croire que l’avenir se forge à travers l’étalage des frasques passées. Les uns se refusent à franchir le Rubicon, à l’instar de Walid Joumblatt, d’autres le traversent au galop, au diapason de Michel Aoun, condamnant à l’échec toute tentative de conciliation.
Des calculs d’un côté, des ambitions évidentes, quoique inavouées, de l’autre. Les sons de cloche diffèrent, qu’il s’agisse des cloches du Chouf que le patron du CPL, tel Sherlock Holmes, s’acharne à vouloir retrouver, ou de celles qu’il se fait sonner à chaque sortie intempestive, à chaque inventivité verbale dont il a le secret...
Pathétique la situation ? Elle l’est moins au niveau des gouvernants, qui ne savent plus à quel saint se vouer, qu’à celui des redresseurs de torts qui surfent sur les vagues du populisme. Totalement pathétique parce que les moutons de panurge se complaisent dans leur suivisme et n’envisagent d’avenir que dans la perpétuation des discordes, celles-là mêmes qui maintiennent l’État dans sa tragique déliquescence.
Et les Indignés, ces fameux Indignés qui refaçonnent les pouvoirs un peu partout dans le monde, les Libanais n’en comptent-ils donc pas dans leurs rangs ? Des Indignés qui manifesteraient aux cris de « dégage » autant à l’adresse d’un gouvernement fantôme que des politiciens qui les mènent en bateau ?
Faut pas rêver, diraient les sceptiques. Moi, pourtant, je fais le pari de l’avenir, le pari sur les jeunes : cela commence déjà sur Facebook, s’étend sur les sites Internet, se traduit par des rassemblements de révolte limités mais presque quotidiens.
Ni de droite ni de gauche, ni chrétien ni musulman, ni du 14 ni du 8 Mars : moi je parie sur les jeunes. Dans un an ou dans dix ans, ils me le rendront bien ! ! !


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Amnistie? pourquoi pas?Mais contre retour du pognon,tout le pognon,et avec les intêrets...sinon,rien du tout...ni pour les uns,ni pour les autres....rendez le fric...après,men chouf...
08 h 12, le 15 mai 2012