Quant à François Hollande, il a expliqué que ce dérapage n’était pas pour lui une surprise. « J’ai demandé une évaluation par la Cour des comptes de la réalité budgétaire de notre pays, je savais depuis déjà plusieurs semaines qu’il y avait une dégradation plus grande que le gouvernement sortant ne le disait de nos comptes publics », a-t-il déclaré. La ministre sortante du Budget, Valérie Pécresse, a immédiatement répondu en assurant qu’il n’y avait « aucune surprise concernant les comptes publics » et a estimé que le dérapage budgétaire prévu pour 2013 était un « sérieux avertissement » pour M. Hollande qui a promis des « dépenses inconsidérées ». Les prévisions de Bruxelles « sont le reflet de la politique menée jusqu’à présent par le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement », a affirmé de son côté M. Sapin. M. Rehn a pourtant relevé des aspects plus positifs du bilan du gouvernement sortant, rappelant que la France avait « bouclé l’année 2011 avec un déficit plus bas que prévu : 5,2 % au lieu de 5,7 % », dépassant les prévisions « pour la deuxième année consécutive ».
Quoi qu’il en soit, l’objectif de retour à 3 % de déficit paraît particulièrement ardu et nombre d’économistes doutent que ce soit réalisable, sauf par un plan d’austérité budgétaire drastique.
Interrogé sur la question, M. Rehn s’est abstenu de prononcer le mot « rigueur » hier. Il s’est contenté d’expliquer que « les chiffres concernant le déficit sont liés aussi aux chiffres concernant la croissance en France ». Or, celle-ci devrait atteindre 1,3 % en 2013, une performance inférieure au 1,7 % prévu par M. Hollande. Cette prévision est inférieure également à ce que prévoyait la Commission européenne à l’automne (1,4 %), mais meilleure que ce qu’anticipe le FMI (1 %). La lente amélioration de la situation économique, après 0,5 % de croissance attendue cette année, soit un chiffre conforme à ce qu’attend M. Hollande, « devrait être insuffisante pour mettre fin à la détérioration du marché du travail », souligne par ailleurs la Commission, qui table sur un taux de chômage en hausse : après 9,7 % en 2011, il devrait atteindre 10,2 % cette année et se stabiliser à 10,3 % l’an prochain. À son tour, le chômage élevé devrait peser sur la croissance car il aura « un impact négatif sur la propension à consommer » des Français, selon l’analyse de Bruxelles.
La dette publique devrait elle aussi continuer à augmenter, passant de 85,8 % du PIB en 2011 à 90,5 % cette année et 92,5 % en 2013. Le futur gouvernement prendra « les mesures qu’il faut », a assuré Michel Sapin, pour qui « cela valide le projet de François Hollande, qui consiste à changer de politique pour maîtriser les dépenses, augmenter les recettes de manière juste et efficace et, surtout, changer de politique économique au niveau national et européen pour stimuler la croissance ».
(Source : AFP)


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