Des électeurs attendent pour déposer leur bulletin de vote à Lille le 6 mai 2012. Photo
Dans les bureaux de vote de Paris et sa banlieue, sous un ciel gris et menaçant, les électeurs exprimaient dimanche l'apparent paradoxe de la présidentielle en France: une forte volonté de participer au vote pour un choix qui ne suscite pourtant pas l'adhésion.
"J'ai voté pour le moins pire. Je n'ai pas d'espoir pour ce vote. Rien ne va changer", commentait fataliste Aurélie Briandet, 33 ans, qui n'a pas dit quel bulletin elle avait glissé dans l'urne.
Dans un contexte de crise de la zone euro, de chômage, et de croissance économique plate, les Français savent que les temps seront difficiles, qu'ils élisent le président sortant Nicolas Sarkozy ou son adversaire socialiste, François Hollande, donné favori par tous les sondages depuis des mois.
Devant le même bureau de vote du XXe arrondissement de Paris, un quartier populaire de la capitale, Véronique Chiloux, une comédienne de 47 ans, réclame plus de justice sociale et a placé ses espoirs dans une présidence Hollande.
"J'ai voté pour Francois Hollande. Je veux plus de justice, d'équité. Il y a des grandes disparités du point de vue social, il faut un tournant", dit-elle.
Même état d'esprit pour Séverin Seaman, 52 ans: "Il faut un changement. On trouve que c'est plutôt difficile pour les gens, surtout pour les travailleurs".
Les discours de Nicolas Sarkozy sur l'immigration et la sécurité, destinés à récupérer les voix de l'extrême droite, ont aussi choqué une partie des électeurs. "La droite, ce n'était pas l'extrême droite. C'est important que ce pays garde des valeurs républicaines, de partage. Pour moi, qui ai été naturalisée, la France reste une terre d'asile", disait Rusan Demir, jeune femme de 30 ans, d'origine turque.
Devant les bureaux de vote, les files d'attente se sont assez vite formées dimanche. Cette forte affluence a été confirmée par les premiers chiffres de participation au vote, à 10H00 GMT, supérieurs à ceux du 1er tour, le 22 avril.
A l'opposé sociologique du XXe arrondissement, l'ambiance n'est guère plus enjouée à Neuilly-sur-Seine, la très riche banlieue parisienne dont Nicolas Sarkozy a été le maire de 1983 à 2002. Même si le vote, sans surprise, va très majoritairement au président sortant.
"J'ai toujours voté pareil", résume François Lissoni, 79 ans, qui habite Neuilly depuis une cinquantaine d'années.
"C'était clair depuis le début", renchérit Yvan Le Muet, 52 ans, qui dit avoir voté "contre le pire" et trouvé la campagne "nulle". "Il n'y avait aucun débat, pas d'idées, pas de propositions. Cela s'est fait uniquement sur la défensive", ajoute-t-il.
Alice, 50 ans, qui ne souhaite pas donner son nom, dit avoir choisi "entre un vote désagréable et un vote catastrophique".
Tonalité semblable dans le XVIe arrondissement de Paris, le plus riche des quartiers parisiens. Coralie Callier, 42 ans, explique son vote pour Nicolas Sarkozy: "Bien que le personnage ne soit pas très attirant, il a quand même fait que la France reste forte pendant la crise". "Pour moi, Hollande promet des choses irréalisables qui vont mener à la faillite", ajoute-t-elle.
"J'ai voté pour le moins pire. Je n'ai pas d'espoir pour ce vote. Rien ne va changer", commentait fataliste Aurélie Briandet, 33 ans, qui n'a pas dit quel bulletin elle avait glissé dans l'urne.
Dans un contexte de crise de la zone euro, de chômage, et de croissance économique plate, les Français savent que les temps seront difficiles, qu'ils élisent le président sortant Nicolas Sarkozy ou son adversaire socialiste, François Hollande, donné favori par tous les sondages depuis des mois.
Devant le même bureau de vote du XXe arrondissement de Paris, un...

