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À La Une - Crise

Syrie : Un plan Annan « en danger »...

Au moins 50 morts en 48 heures : Robert Mood appelle à l’arrêt des violences.



Le général norvégien Robert Mood à son arrivée à Damas, le 29 avril 2012. REUTERS/Khaled al- Hariri

Le général norvégien Robert Mood, à la tête de la mission des observateurs de l’ONU, a appelé dès son arrivée hier en Syrie toutes les parties à l’arrêt des violences qui n’ont en réalité pas cessé depuis la trêve.

« Les observateurs ne peuvent pas résoudre seuls tous les problèmes (...) toutes les parties doivent arrêter les violences et donner une chance » au plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan, a-t-il estimé. Ce plan, censé mettre un terme à plus de 13 mois meurtriers en Syrie, prévoit le retour de l’armée dans les casernes, l’arrêt des hostilités, la libération des détenus, le droit à manifester, l’ouverture d’un dialogue entre pouvoir et opposition ainsi que l’accès des humanitaires et de la presse. « Nous allons travailler à l’application complète du plan Annan en six points, accepté par le gouvernement syrien. Pour y parvenir, nous avons maintenant 30 observateurs sur le terrain, nous allons doubler ce chiffre durant les prochains jours (...) et il va rapidement atteindre 300 », a ajouté le général Mood, comme le prévoit la résolution 2043 votée à l’unanimité il y a une semaine par le Conseil de sécurité de l’ONU.

 

Cette mission, d’une durée initiale de trois mois, s’annonce périlleuse pour les observateurs qui doivent être déployés sans armes dans un pays où les violences persistent plus de deux semaines après l’annonce d’un cessez-le-feu, largement ignoré malgré les engagements du régime et des rebelles. Parmi les membres de l’équipe avancée d’observateurs, huit sont basés dans différentes villes touchées par les violences – Deraa, Idleb, Hama et Homs, a indiqué Neeraj Singh, un porte-parole de la mission de l’ONU à Damas.

En attendant, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, a estimé que le plan Annan était « en danger », dans une interview au journal suisse Der Sonntag, demandant à « toutes les parties impliquées dans la violence de respecter le droit et de faire preuve d’humanité ». Il a ajouté que le CICR, en partenariat avec le Croissant-Rouge syrien, avait pu distribuer des vivres et de l’aide humanitaire à quelque 300 000 personnes.

 

Officiellement, c’est el-Qaëda

De fait, au moment de l’arrivée du général Mood, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et plusieurs sources recensaient près de 23 tués hier. Selon Amnesty International, les violences ont fait au moins 362 morts, en particulier dans les villes tout juste visitées par les observateurs, depuis le début du travail des premiers d’entre eux le 16 avril. Pour les militants et les ONG, ces morts sont en majorité des civils abattus par les troupes, mais le régime, qui ne reconnaît pas l’ampleur de la contestation, accuse des « bandes terroristes » armées par l’étranger de semer le chaos dans le pays.

 

Après avoir accusé samedi les Nations unies d’ « encourager les terroristes », la presse officielle syrienne a d’ailleurs affirmé hier que le réseau extrémiste el-Qaëda était derrière les attentats qui ont fait des dizaines de morts ces derniers mois, en particulier à Damas et à Alep. « Ce terrorisme est soutenu et financé par des États occidentaux, des pays de la région et quelques Arabes pour faire échouer le plan de l’ONU et son émissaire, Kofi Annan », selon le quotidien officiel as-Saoura. Le dernier attentat en date remonte à vendredi et avait fait 11 morts à Damas, selon les médias officiels. Un groupe extrémiste se faisant appeler le Front el-Nosra a d’ailleurs revendiqué l’attentat-suicide sur un site islamiste généralement utilisé par le réseau el-Qaëda, rapportait hier le centre américain de surveillance des mouvements jihadistes SITE. Le communiqué posté sur le site « Shumukh el-Islam » affirme également que l’attentat n’avait pas été perpétré près d’une mosquée mais sur le lieu proche d’un rassemblement de membres des forces de sécurité syriennes. L’attentat a été commis par Abou Omar el-Chami, toujours selon le communiqué, qui a précisé que ce kamikaze n’avait actionné sa charge qu’après s’être assuré que les policiers visés avaient atteint le nombre de 150. Selon SITE, le Front el-Nosra avait déjà revendiqué des attentats-suicide en Syrie, dont une double attaque le 12 février à Alep et une attaque le 6 janvier à Damas.

 

Samedi, de violents combats ont opposé soldats et déserteurs dans la province de Damas, aux abords d’un palais présidentiel à Lattaquié et dans la région d’Idleb, faisant au moins 32 morts, dont 22 civils tués par les forces gouvernementales et 10 militaires dissidents, selon le dernier bilan hier de l’OSDH.

D’autre part, Budapest a indiqué que les deux ressortissants hongrois kidnappés samedi dans le sud-est de la Syrie par des « hommes armés non identifiés » étaient vivants. Il s’agit des premiers Occidentaux enlevés dans ce pays.

Le général norvégien Robert Mood, à la tête de la mission des observateurs de l’ONU, a appelé dès son arrivée hier en Syrie toutes les parties à l’arrêt des violences qui n’ont en réalité pas cessé depuis la trêve.
« Les observateurs ne peuvent pas résoudre seuls tous les problèmes (...) toutes les parties doivent arrêter les violences et donner une chance » au plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan, a-t-il estimé. Ce plan, censé mettre un terme à plus de 13 mois meurtriers en Syrie, prévoit le retour de l’armée dans les casernes, l’arrêt des hostilités, la libération des détenus, le droit à manifester, l’ouverture d’un dialogue entre pouvoir et opposition ainsi que l’accès des humanitaires et de la presse. « Nous allons travailler à l’application complète du...
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