Mais il y a d’autre part Rose Issa, commissaire, critique d’art, auteure et spécialisée dans les arts plastiques au Proche-Orient et en Afrique du Nord, résidant à Londres. Elle organise de nombreux festivals du film et expositions d’art contemporain.
Entre ces deux personnages naît une relation, certes professionnelle, mais aussi amicale qui prend aujourd’hui forme dans cet ouvrage illustré. Rose Issa présente d’abord l’artiste qu’elle décrit comme une valeur indéniable, affirmant qu’«il n’y a pas de substitut au talent». Elle évoque sa rencontre, son approche personnelle de ses œuvres, «c’était le coup de foudre pour ses toiles», dit-elle, et ensuite l’agréable découverte de l’homme qui se cache derrière l’artiste. Le livre est comme divisé en chapitres. Après cette introduction suit un long entretien sous forme de questions-réponses avec Baalbaki qui, à son tour, dévoilera son parcours. Dans un troisième chapitre, c’est au tour de Michel Fani, lui-même artiste, de situer Ayman Baalbaki dans le contexte libanais et par rapport à la plateforme artistique du pays.
Participent aussi à cet ouvrage le curateur et artiste Lutz Becker qui aborde le thème de la mémoire et de l’amnésie dans son travail qu’il associe à celui de Baalbaki («Je suis né en 1941 à l’époque où l’Allemagne a attaqué l’Union soviétique alors qu’Ayman est né au début de la guerre civile au Liban. Nous avons donc tous deux un point commun, cette expérience de guerre qui nous relie»).
Une galerie de portraits et de toiles se succèdent dans cet ouvrage qui témoigne d’une œuvre à multiples facettes et à plusieurs lectures. «Teinté de désespoir et d’espérance, de menaces et de courage, le travail d’Ayman Baalbaki, dit Rose Issa, porte en lui, sans aucun doute, un sentiment très fort pour son pays natal qu’il explore encore et encore...»
* Papercup, Mar Mikhaël. Tél. : 01/443083.

