En passant à pied près du monument aux Martyrs, malgré la circulation folle du centre-ville et l’absence de trottoirs à ce niveau, on est pris en cette saison de sève par un parfum entêtant de figue, de sauge et d’herbe fraîche. Enjamber le petit parapet, se pencher sur le gouffre déjà envahi par la végétation résiduelle de la ville. À ce niveau-là, on est littéralement happé par plusieurs siècles d’histoire. À cet endroit, les travaux d’infrastructure ont mis au jour un fragment du Beyrouth antique. Il n’y a pas grand-chose à voir, quelques arcades émergeant d’une friche dans une invasion de pâquerettes bientôt fanées. Sans doute la dernière strate de la ville avant son entrée dans l’ère moderne, puisqu’elle affleure directement sous l’asphalte. Quelques vieilles pierres, mais enfoncées par tant de générations de négociants, d’artisans, de prêtres, de pêcheurs, de marins, de gens ordinaires. Entre les guerres, les invasions et l’appel du large, comment ne pas penser, tandis que le parfum poudré du figuier vous transporte vers des Méditerranées plus clémentes, qu’être Libanais, c’est toujours appartenir ailleurs.
Ont voté
OLJ / Par Fifi ABOU DIB, le 26 avril 2012 à 01h39
En passant à pied près du monument aux Martyrs, malgré la circulation folle du centre-ville et l’absence de trottoirs à ce niveau, on est pris en cette saison de sève par un parfum entêtant de figue, de sauge et d’herbe fraîche. Enjamber le petit parapet, se pencher sur le gouffre déjà envahi par la végétation résiduelle de la ville. À ce niveau-là, on est littéralement happé par plusieurs siècles d’histoire. À cet endroit, les travaux d’infrastructure ont mis au jour un fragment du Beyrouth antique. Il n’y a pas grand-chose à voir, quelques arcades émergeant d’une friche dans une invasion de pâquerettes bientôt fanées. Sans doute la dernière strate de la ville avant son entrée dans l’ère moderne, puisqu’elle affleure directement sous l’asphalte. Quelques vieilles pierres, mais enfoncées par tant de générations de négociants, d’artisans, de prêtres, de pêcheurs, de marins, de gens ordinaires. Entre les guerres, les invasions et l’appel du large, comment ne pas penser, tandis que le parfum poudré du figuier vous transporte vers des Méditerranées plus clémentes, qu’être Libanais, c’est toujours appartenir ailleurs.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Quand le sentiment d"appartenance nationale existera , et quand le citoyen sera avant tout un être qui appartient à un Etat dont il jouit de l’autorité et de la protection alors on votera pour ce nouveau Liban , qui nous fera oublier certes une autre nationalité . Antoine Sabbagha
09 h 01, le 26 avril 2012