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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Les dirigeants militaires israéliens calment le jeu sur l’Iran

Les dirigeants militaires israéliens tempèrent le risque que l’Iran décide de se doter de l’arme nucléaire et se montrent plus confiants dans l’efficacité des sanctions économiques, tablant sur la « rationalité » de Téhéran. Cette analyse tranche avec le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui accusait il y a une semaine « les gens qui refusent de voir la menace iranienne » de n’avoir « rien appris de la Shoah ».
Le chef d’état-major israélien, le général Benny Gantz, a confié au quotidien de gauche Haaretz ne pas croire que le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, « voudra franchir le pas supplémentaire » nécessaire pour la production d’armes nucléaires. Le général Gantz – qui était récemment aux États-Unis – a même qualifié de « gens très rationnels » les dirigeants de Téhéran et estimé que les sanctions internationales commençaient « à porter leurs fruits ». Visiblement sur la même longueur d’onde, le ministre de la Défense Ehud Barak, de retour de Washington, a assuré que l’Iran n’avait « pas encore décidé de produire de bombe atomique ». Interrogé sur l’effet des sanctions internationales, M. Barak a lui aussi estimé que « si les Américains, les Européens et nous-mêmes sommes déterminés, il y a une chance d’arrêter les Iraniens avant qu’ils ne se dotent de l’arme atomique ».
Selon un haut responsable israélien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, « le général Gantz ne fait que répéter tout haut et publiquement ce que les dirigeants militaires, y compris son prédécesseur le général Gaby Ashkenazi, n’ont cessé de dire aux politiques ces dernières années ». « Ehud Barak a pour sa part évolué et semble plus modéré. Avigdor Lieberman, le ministre des Affaires étrangères, a lui aussi récemment affirmé à des journalistes israéliens qu’il fallait donner une chance aux sanctions économiques et aux pressions diplomatiques », a déclaré ce responsable. M. Lieberman, jamais à court de rhétorique nationaliste, aurait estimé la situation en Égypte plus inquiétante pour Israël que les ambitions nucléaires iraniennes. « En fait, le Premier ministre se retrouve un peu isolé sur l’Iran », a constaté le responsable israélien.
Mardi, dans une interview à la chaîne américaine CNN, M. Netanyahu a réaffirmé que l’Iran devait cesser « tout enrichissement » d’uranium à quelque niveau que ce soit, soulignant qu’Israël ne pouvait accepter que l’Iran enrichisse de l’uranium même à 3 %, proche du niveau requis pour un usage énergétique. « Après que vous aurez cessé tout enrichissement (...), vous recevrez ces barres de combustible (nucléaire) d’un autre pays, ce qui vous permettra d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques », a-t-il ajouté. Le Premier ministre israélien a également exigé que l’Iran « démantèle le bunker souterrain », apparemment une référence au site de Fordo, près de Qom, où l’Iran a entamé l’enrichissement de l’uranium à 20 % selon l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Les analystes considèrent qu’une décision d’attaquer l’Iran ne saurait être prise sans le soutien total de l’armée, du Mossad, du ministre de la Défense et de la majorité des ministres siégeant au cabinet de sécurité, ce qui ne serait pas le cas actuellement. Israël souffle le chaud et le froid depuis un moment sur l’éventualité de frappes contre les installations nucléaires iraniennes.

(Source : AFP)
Les dirigeants militaires israéliens tempèrent le risque que l’Iran décide de se doter de l’arme nucléaire et se montrent plus confiants dans l’efficacité des sanctions économiques, tablant sur la « rationalité » de Téhéran. Cette analyse tranche avec le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui accusait il y a une semaine « les gens qui refusent de voir la menace iranienne » de n’avoir « rien appris de la Shoah ».Le chef d’état-major israélien, le général Benny Gantz, a confié au quotidien de gauche Haaretz ne pas croire que le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, « voudra franchir le pas supplémentaire » nécessaire pour la production d’armes nucléaires. Le général Gantz – qui était récemment aux États-Unis – a même qualifié de « gens très...
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