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Moyen Orient et Monde - Égypte

À Zagazig, au nord du Caire, les Frères musulmans en campagne

Plus de 20 000 personnes se sont déplacées pour entendre Mohammad Morsi, candidat du PLJ à la présidentielle.

Le président des Frères musulmans et candidat à la présidentielle égyptienne, Mohammad Morsi, s'adressant à ses partisans à Zagazig, à une centaine de kilomètres au nord du Caire, le 23 avril 2012. AFP PHOTO/KHALED DESOUKI

C’était le candidat « de rechange » des Frères musulmans, propulsé sur le devant de la scène après l’élimination de leur premier choix. Mais pour les milliers d’Égyptiens venus entendre Mohammad Morsi, peu importe la personne, c’est la confrérie qu’il faut soutenir.


Le stade de Zagazig, dans le delta du Nil, est plein à craquer. Plus de 20 000 personnes ont fait le déplacement, et dehors des jeunes gens escaladent l’enceinte pour ne pas faire la queue. Beaucoup sont venus en famille de petites localités à travers le gouvernorat de Charquiya, dans des bus affrétés par la confrérie et sur lesquels a été collé le visage bonhomme de M. Morsi, lunettes fines et barbe courte. Originaire de la région, dont il a gardé un léger accent, le président du Parti de la liberté et de la justice (PLJ, issu des Frères musulmans) est en terrain conquis avant la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai. « Morsi président ! » crie la foule, motivée par un chauffeur de salle. Une énorme banderole est déployée sur la tribune avec le slogan officiel de la campagne des Frères : « La renaissance. La volonté d’un peuple. »


C’est aussi le nom du programme mis au point par Khairat el-Chater, qui devait représenter la confrérie à la présidentielle, pour un « projet de réforme global ». « Le programme de la renaissance n’est pas lié à une personne, il est pour la nation entière », martèle au micro Mohammad Wahdane, un responsable de la confrérie. « On a demandé au Dr Morsi de se présenter alors qu’il n’en avait pas le désir », ajoute-t-il.

 

M. el-Chater, un riche homme d’affaires, a été exclu de la course en raison d’une peine de prison sous Hosni Moubarak, qui lui vaut d’être inéligible aujourd’hui. M. Morsi a donc hérité de sa place et de son programme. Et la confrérie semble vouloir faire un atout de cet incident de parcours, en présentant M. Morsi comme un homme ne recherchant pas le pouvoir mais se sacrifiant pour la cause.


Sous les acclamations, ce dernier rend d’abord hommage aux membres des Frères musulmans « qui se sont sacrifiés, ont sacrifié leurs enfants et leur argent, et grâce à qui nous sommes ici » aujourd’hui. « Nous ne voulons rien de ce monde. Nous ne voulons que le bien de ce pays », affirme M. Morsi, qui passe ensuite un long moment à évoquer les problèmes locaux, comme le ramassage des déchets, en fustigeant au passage « le criminel Moubarak et son gang ».


« Je suis totalement convaincue, et de toutes les manières ce n’est pas la personne qui compte, c’est le projet », affirme Imane el-Azab, une pharmacienne de 47 ans qui porte un voile intégral beige.

 

En revanche, Samir el-Hanafi, un étudiant en journalisme de 24 ans, sourit d’un air goguenard. « Je suis venu voir s’il allait me convaincre. C’est raté », dit-il. « Les Frères n’ont aucun principe, ils seront un second PND », poursuit-il en allusion au parti hégémonique de M. Moubarak, aujourd’hui dissous.

C’était le candidat « de rechange » des Frères musulmans, propulsé sur le devant de la scène après l’élimination de leur premier choix. Mais pour les milliers d’Égyptiens venus entendre Mohammad Morsi, peu importe la personne, c’est la confrérie qu’il faut soutenir.
Le stade de Zagazig, dans le delta du Nil, est plein à craquer. Plus de 20 000 personnes ont fait le déplacement, et dehors des jeunes gens escaladent l’enceinte pour ne pas faire la queue. Beaucoup sont venus en famille de petites localités à travers le gouvernorat de Charquiya, dans des bus affrétés par la confrérie et sur lesquels a été collé le visage bonhomme de M. Morsi, lunettes fines et barbe courte. Originaire de la région, dont il a gardé un léger accent, le président du Parti de la liberté et de la justice (PLJ, issu des...
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