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À La Une - L'homme De La Semaine

Patrick Buisson, l'éminence grise de Sarkozy venue de l'extrême droite

L’ancien journaliste serait l'auteur de la plupart des mots d'ordre de la campagne du président sortant.

Patrick Buisson, ancien journaliste à Minute, journal d'extrême droite, et éminence grise de Nicolas Sarkozy. Photo Reuters

Il est un personnage clé de la présidentielle française. Dans l'ombre de Nicolas Sarkozy, son conseiller Patrick Buisson est l'homme de sa "droitisation", celui qui l'a convaincu de se présenter, lui le président sortant, comme le "candidat du peuple" contre les élites.

 

Cet ancien journaliste d'extrême droite de 63 ans, était déjà l'un des artisans de la victoire de 2007. Cette année encore, il a pris le pas sur le reste de l'entourage du président français, au point de devenir son principal inspirateur, selon la presse.

 

Après le premier tour de l'élection dimanche, qui a vu l'extrême droite réaliser un score historique, sa ligne l'emporte en vue du second tour le 6 mai.

Elle a pourtant échoué dimanche dernier. Le président candidat n'a pas réussi à siphonner les voix de Marine Le Pen. Mais il n'a pas le choix, c'est bien aux électeurs du Front national (FN) qu'il doit s'adresser en priorité pour espérer battre le socialiste François Hollande.

 

Patrick Buisson, qui n'a pas de fonction officielle dans l'organigramme du président ou même du candidat, suscite la curiosité autant que la controverse. Car c'est un homme venu de la plus pure tradition de l'extrême droite française qui est aujourd'hui l'éminence grise du président. Mais qui récuse aussi tout virage à droite du candidat Sarkozy.

"Ce concept de +droitisation+ est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s'est emparée de certains esprits. Si la droitisation consiste à prendre en compte la souffrance des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c'est que les anciennes catégories politiques n'ont plus guère de sens", déclarait-il mi-mars au journal Le Monde.

 

Pour M. Buisson, le Parti socialiste est devenu "l'expression des nouvelles classes dominantes", adepte d'une "idéologie du +transfrontiérisme+" qui serait rejetée par les Français.

 

La presse s'intéresse beaucoup à cet homme très discret, dirigeant de la chaîne de télévision Histoire (groupe privé TF1). "Mauvais génie, prodigieux stratège...Mais qui est vraiment Patrick Buisson ?", s'interrogeait fin mars l'hebdomadaire de droite Figaro Magazine.

 

Crâne dégarni et lunettes métalliques, Buisson avait fait ses armes de 1981 à 1987 à "Minute", l'hebdomadaire de l'extrême droite, où il avait la dent dure contre la gauche du président François Mitterrand.

Dans ce journal, il relatait avec un regard très favorable la percée du président du FN, Jean-Marie Le Pen, passé à cette époque d'un relatif anonymat aux premiers rôles. L'extrême droite, grâce à sa fille Marine Le Pen, est aujourd'hui au centre du jeu politique avant le second tour.

 

La presse française attribue à Buisson beaucoup des "trouvailles" de la campagne de Nicolas Sarkozy : discours sur l'immigration, suspension de l'accord de libre-circulation de Schengen, recours au référendum pour réformer le système d'assurance-chômage...jusqu'au cri "aidez-moi !" adressé à ses partisans et qui a ponctué chaque meeting du candidat Sarkozy.

Et puis, ce crédo devenu presque un slogan électoral, "je veux être le candidat du peuple de France et non celui d'une petite élite", lancé dès l'annonce de sa candidature, mi-février.

"Je veux parler aux petits, je veux parler aux sans-grades, je veux parler aux ruraux qui ne veulent pas mourir, je veux parler aux travailleurs qui ne veulent pas que celui qui ne travaille pas gagne davantage que lui, je veux parler aux petits retraités", a-t-il dit lundi, au lendemain du 1er tour.

 

Les enquêtes d'opinion montrent que Sarkozy a besoin de 70 à 75% des électeurs de Le Pen pour gagner.

Les sondages, Patrick Buisson en est justement un grand spécialiste. Sa société, Publifact, avait conclu avec l'Elysée une convention pour lui en vendre pour 1,5 million d'euros, sans aucun appel d'offres. La Cour des comptes s'était émue de ce mélange des genres, mais la justice n'a pu enquêter, le chef de l'Etat étant protégé en France par une immunité très large.

 

Il est un personnage clé de la présidentielle française. Dans l'ombre de Nicolas Sarkozy, son conseiller Patrick Buisson est l'homme de sa "droitisation", celui qui l'a convaincu de se présenter, lui le président sortant, comme le "candidat du peuple" contre les élites.
 
Cet ancien journaliste d'extrême droite de 63 ans, était déjà l'un des artisans de la victoire de 2007. Cette année encore, il a pris le pas sur le reste de l'entourage du président français, au point de devenir son principal inspirateur, selon la presse.
 
Après le premier tour de l'élection dimanche, qui a vu l'extrême droite réaliser un score historique, sa ligne l'emporte en vue du second tour le 6 mai.
Elle a pourtant échoué dimanche dernier. Le président candidat n'a pas réussi à siphonner les voix de Marine Le Pen. Mais il n'a pas le...
commentaires (2)

Vous avez raison. Il y a bien des risques qu'il perde... à cause de lui. Cela dit, il manque tout de même de discernement pour choisir un conseiller de cet acabit et on peut douter de ses capacités à diriger avec cohérence un pays comme la France. L'actuel Président français est décidément très influençable. Après Cécilia, et d'autres «conseillers» vite choisis vite oubliés, ce Buisson ne lui aura pas porté chance. Mais il en est aussi responsable...

Nayla Sursock

16 h 45, le 25 avril 2012

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Commentaires (2)

  • Vous avez raison. Il y a bien des risques qu'il perde... à cause de lui. Cela dit, il manque tout de même de discernement pour choisir un conseiller de cet acabit et on peut douter de ses capacités à diriger avec cohérence un pays comme la France. L'actuel Président français est décidément très influençable. Après Cécilia, et d'autres «conseillers» vite choisis vite oubliés, ce Buisson ne lui aura pas porté chance. Mais il en est aussi responsable...

    Nayla Sursock

    16 h 45, le 25 avril 2012

  • Voilà l'homme qui fait perdre Sarko tant il n'a jamais "senti" cette masse flottante française qui sans être du centre se garde tout autant de l'extrême droite que de l'extrême gauche. Il est allé reproduire 2007 sans voir combien les humeurs de la société n'étaient plus les mêmes...mais enfin il a gagné beaucoup d'argent!!

    Beauchard Jacques

    10 h 47, le 25 avril 2012

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