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Économie - Analyse

L’Écosse, économie dynamique mais vulnérable aux défis de l’indépendance

La production du pétrole s’est effondrée de 50 % ces dix dernières années.

En cas de victoire du oui au référendum d’indépendance, l’économie écossaise, largement tributaire de ressources pétrolières déclinantes, affrontera des défis considérables, dans un nouveau pays probablement plombé par un déficit important, avertissent les experts.
Dès son essor dans les années 1970, le Parti national écossais (SNP) misait sur les atouts économiques locaux pour garantir la viabilité de ses projets indépendantistes, avec un slogan : « Le pétrole aux Écossais ! ».
Trente ans plus tard, alors que le SNP a conquis le gouvernement d’Édimbourg en 2011 et projette un référendum sur l’indépendance en 2014, les enjeux économiques restent au cœur des discussions. Mais il n’est plus certain que l’or noir de la mer du Nord suffira à l’Écosse pour financer son divorce avec le Royaume-Uni.
Les champs pétrolifères et gaziers s’épuisent, la production s’est effondrée de 50 % ces dix dernières années, et les dernières réserves sont de plus en plus difficile à exploiter.
Or les revenus tirés du secteur pétrolier équivalent à 15 % des revenus du gouvernement écossais, selon les chiffres fournis par le gouvernement local.
« L’Écosse dépend trop du pétrole et de la volatilité des prix du baril, ce n’est pas une situation très saine, même si ces revenus peuvent financer la transition vers une économie plus diversifiée », reconnaît Geoff Mawdsley, directeur du think tank Reform Scotland.
C’est d’ailleurs l’objectif affiché par le Parti nationaliste qui entend collecter 30 milliards de livres sur 20 ans dans un fonds, sur le modèle norvégien, destiné à aider le développement des énergies vertes.
« Mais dans combien de temps le solaire ou l’éolien prendront-ils le relais du pétrole ? » s’interroge Jeremy Peat, économiste du David Hume Institute. Le secteur financier, de son côté, tente toujours de se remettre de l’effondrement de Royal Bank of Scotland en 2008.
Pourtant, signe de dynamisme, en 2009 au cœur de la crise, trois des 6 villes britanniques ayant contribué le plus à l’économie britannique, proportionnellement à leur population, étaient écossaises (Édimbourg, Aberdeen et Glasgow), selon le cabinet d’audit UHY Hacker Young.
De fait, aidés par un système éducatif choyé, les services et l’ingénierie (de l’électronique aux technologies parapétrolières) « résistent bien », a expliqué M. Peat à l’AFP, et ce en dépit d’« un problème de compétitivité ».
Alors que les impôts ne relèvent pas actuellement du Parlement écossais, le SNP promet justement de défendre une fiscalité attractive pour favoriser les investissements en Écosse après l’indépendance.
La jeune nation, cependant, paierait cher son autonomie budgétaire : « Elle serait soumise aux jugements des agences de notation, ce qui renchérirait nettement les taux auxquels elle emprunterait sur le marché », souligne Jérémy Peat.
De plus, l’Écosse hériterait sa part de la lourde dette publique britannique, qui atteindra quelque 70 % de son PIB, et le petit État, avec des revenus volatils et un déficit budgétaire autour de 4 %, sera plus vulnérable aux chocs financiers, avertit Angus Armstrong, analyste de l’institut NIESR.
Édimbourg devrait en outre assumer des dépenses supplémentaires, en matière de défense et de politique étrangère.
Reste la question cruciale de la devise : le SNP présente désormais une adhésion à l’euro seulement comme une perspective à long terme et prévoit qu’une Écosse indépendante garderait au début la livre sterling.
« Or cela suppose de conclure avec le reste du Royaume-Uni une sorte de pacte de stabilité comme cela existe dans la zone euro, et il est évident que cela restreindra les marges de manœuvre » de la politique économique d’Édimbourg, relève Geoff Mawdsley.
Et par la force des choses, l’Écosse resterait suspendue aux aléas de l’économie britannique, de loin son premier partenaire commercial : les « exportations » du territoire à l’intérieur du Royaume-Uni représentent 40 % du PIB écossais.

             (Source : AFP)
En cas de victoire du oui au référendum d’indépendance, l’économie écossaise, largement tributaire de ressources pétrolières déclinantes, affrontera des défis considérables, dans un nouveau pays probablement plombé par un déficit important, avertissent les experts.Dès son essor dans les années 1970, le Parti national écossais (SNP) misait sur les atouts économiques locaux pour garantir la viabilité de ses projets indépendantistes, avec un slogan : « Le pétrole aux Écossais ! ».Trente ans plus tard, alors que le SNP a conquis le gouvernement d’Édimbourg en 2011 et projette un référendum sur l’indépendance en 2014, les enjeux économiques restent au cœur des discussions. Mais il n’est plus certain que l’or noir de la mer du Nord suffira à l’Écosse pour financer son divorce avec le...
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