François Hollande lors d'un discours à Lille, en France. PHILIPPE HUGUEN/
François Hollande est revenu jeudi sur la genèse de sa candidature et les choix qui ont émaillé ses 30 ans de vie politique, trois jours avant le premier tour de l'élection présidentielle pour laquelle il part favori.
Invité de RMC et BFM-TV, le candidat socialiste, qui n'a jamais été ministre, a raconté avoir refusé d'entrer en 1997 dans le gouvernement de Lionel Jospin pour prendre la direction du Parti socialiste, où il restera dix ans.
En 1997, "Lionel Jospin me dit 'je te propose d'être premier secrétaire (...) mais si tu ne le souhaites pas, si tu veux un autre destin, tu entres au gouvernement, tu choisis", a-t-il raconté, une manière de répondre à Nicolas Sarkozy qui fustige son absence d'expérience ministérielle.
Après l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle le 21 avril 2002, "j'ai été seul pour assumer toute la suite", a-t-il ajouté.
Trois ans plus tard, le PS s'est déchiré sur la question de la Constitution européenne. A ce sujet, François Hollande a justifié son choix de ne pas exclure du PS les responsables ayant dit "non" au projet de Constitution européenne lors du référendum de 2005 malgré le vote interne du parti prônant le "oui", un épisode qui, a-t-il expliqué, l'a empêché d'entrer dans la course à l'Elysée en 2007.
"Je ne le regrette pas parce que rien n'est pire qu'un parti qui se divise et qui ensuite se sépare", a-t-il expliqué.
"J'assume cette décision parce qu'elle me permet aujourd'hui d'être le candidat du Parti socialiste, de ceux qui ont voté 'oui' et de ceux qui ont voté 'non'", a-t-il dit. "J'ai Laurent Fabius, Jean-Pierre Chevènement, Robert Hue, qui avaient tous voté 'non' et qui aujourd'hui sont derrière moi pour la campagne présidentielle."
François Hollande a aussi expliqué pourquoi il a cédé en 2007 la place à Ségolène Royal, la mère de ses quatre enfants. "Je ne me suis pas effacé devant Ségolène Royal parce qu'elle était à l'époque ma compagne mais parce que je considérais que les Français voulaient Ségolène Royal (...) comme candidate et que je n'avais pas pu l'être moi-même à cause de ce qui s'était produit lors du référendum en 2005", a-t-il dit. "Je n'étais pas en situation. Je le suis aujourd'hui."
François Hollande a aussi raconté avoir critiqué le choix de François Mitterrand de faire entrer dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy en 1992 l'homme d'affaires Bernard Tapie. Un gouvernement dont Lionel Jospin avait été écarté. "Je considérais que ce n'était pas sa place dans un gouvernement de gauche", a-t-il dit. "Je considérais qu'au moment où Tapie rentrait et Jospin sortait, c'était un mauvais symbole", a-t-il dit.
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