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Moyen Orient et Monde - Norvège

Breivik à ses juges : « Oui, je le ferai de nouveau »

L’ultranationaliste affirme avoir agi au nom des droits de l’homme et suivant l’exemple d’el-Qaëda.

Au second jour de son procès à Oslo, enjoint par la cour d’expliquer les raisons de ses massacres, le 22 juillet dernier,Anders Behring Breivik a expliqué : "Ces attaques étaient des attaques préventives pour défendre les Norvégiens de souche". Photo AFP

Anders Behring Breivik a déclaré hier devant le tribunal d’Oslo au deuxième jour de son procès être un « ultranationaliste » ayant agi au nom des droits de l’homme pour sauver son peuple, lorsqu’il a massacré 77 personnes l’été dernier en Norvège.


Avec le plus grand calme, il a dit avoir été poussé à l’action parce que son peuple est, selon lui, « victime d’une “déconstruction systématique” qui équivaut à une purification ethnique ». Breivik avait de plus promis d’édulcorer la rhétorique de sa déclaration. « Je n’ai pas l’intention d’ajouter à la peine que (les familles et rescapés) ressentent déjà (...) Je ne peux même pas imaginer les souffrances que j’ai provoquées », a-t-il ainsi affirmé. Il n’en a pas moins assuré que, pour lui, « être emprisonné le reste de sa vie ou mourir comme martyr pour son peuple était le plus grand honneur » et même « un devoir ». Il a ensuite reconnu qu’au départ il avait envisagé son opération comme « une attaque-suicide ».


Regrettant que le confort de vie des Norvégiens les empêche de défendre leur pays comme il estime l’avoir fait, Breivik a affirmé être prêt à réitérer son acte : « Oui, je le ferais de nouveau. » « Si l’on prend la Déclaration universelle des droits de l’homme comme point de départ, on peut se donner soi-même le mandat » de défendre son pays, a encore déclaré Breivik, persuadé que « (ses) frères nationalistes européens finiront par gagner » car « nous n’acceptons pas que notre pays soit colonisé contre notre gré ». Et pour y parvenir, il affirme que les militants nationalistes européens ont « beaucoup à apprendre » d’el-Qaëda, « l’organisation militante ayant le plus de réussite au monde ». D’une voix posée, il a reconnu que son geste « était si extrême, même parmi les militants nationalistes », qu’il ne serait jamais compris. « Après le 11 septembre, même les militants islamistes ont été choqués : ils trouvaient que c’était aller trop loin », a-t-il tenté d’expliquer en référence aux attentats de New York. Mais, pour lui, ces attentats revendiqués par el-Qaëda ont marqué un tournant dans son parcours idéologique et son passage à l’acte.


La journée avait commencé par le renvoi d’un juge adjoint, Thomas Indreboe – l’un des trois juges issus de la société civile et qui assistent les deux magistrats professionnels. M. Indreboe, réceptionniste de profession, avait écrit sur l’Internet : « La peine de mort est la seule solution juste dans cette affaire ! » Même si la peine capitale ne figure pas dans l’arsenal pénal norvégien, ces propos « sont de nature à affaiblir la confiance » en son jugement, a expliqué la juge Wenche Elizabeth Arntzen qui préside le procès.


Breivik plaide non coupable et le principal point d’interrogation du procès, qui devrait durer 10 semaines, porte sur sa santé mentale. Jugé pénalement irresponsable, il risque l’internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite être prolongée aussi longtemps qu’il sera considéré comme dangereux.

Anders Behring Breivik a déclaré hier devant le tribunal d’Oslo au deuxième jour de son procès être un « ultranationaliste » ayant agi au nom des droits de l’homme pour sauver son peuple, lorsqu’il a massacré 77 personnes l’été dernier en Norvège.
Avec le plus grand calme, il a dit avoir été poussé à l’action parce que son peuple est, selon lui, « victime d’une “déconstruction systématique” qui équivaut à une purification ethnique ». Breivik avait de plus promis d’édulcorer la rhétorique de sa déclaration. « Je n’ai pas l’intention d’ajouter à la peine que (les familles et rescapés) ressentent déjà (...) Je ne peux même pas imaginer les souffrances que j’ai provoquées », a-t-il ainsi affirmé. Il n’en a pas moins assuré que, pour lui, « être emprisonné le reste de sa...
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