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À La Une - Presidentielle Française

François Hollande en confiance

Plusieurs sondages le placent en tête dès le 1er tour, ses répliques à la droite concernant les marchés sont corrosives et il veut « dominer les marchés » : François Hollande semble avoir (re)pris un sacré poil de la bête.

Les caricatures et les parodies se multiplient, surtout concernant le « phénomène » de la campagne, Jean-Luc Mélenchon.Photo Facebook

François Hollande se prépare, dans les premiers jours d’un éventuel mandat présidentiel en France, à une franche explication avec ses alliés européens et de l’OTAN sur des sujets décisifs.

 

Mercredi soir en effet, le candidat socialiste a confirmé son objectif d’achever le retrait des troupes combattantes, soit quelque 3 400 soldats français d’Afghanistan, à la fin de l’année 2012, alors que Nicolas Sarkozy ne le prévoit que fin 2013. Ce dernier a toutefois jugé « totalement irresponsable et même dangereuse » cette promesse, qualifiant un tel retrait de « déshonneur ».

 

Autre dossier sensible avec les partenaires européens, la volonté du socialiste de « renégocier » le traité budgétaire signé le 1er mars « pour y ajouter, le compléter, l’améliorer sur le dispositif de croissance » en vue du prochain sommet à Bruxelles fin juin. Ceci devrait laisser une marge de discussions avec Berlin d’autant qu’Angela Merkel a aussi besoin des voix des sociaux-démocrates de son pays pour faire ratifier le traité, et ceux-ci sont eux-mêmes demandeurs de l’ajout d’un tel volet croissance.

 

Sur la Turquie en revanche, François Hollande n’a pas manifesté une grande volonté de réchauffer des relations fortement dégradées par Nicolas Sarkozy. Comme le président candidat, il a confirmé sa volonté de faire adopter rapidement un texte de loi réprimant la négation du génocide arménien de 1915 malgré la censure récente du Conseil constitutionnel et la colère d’Ankara. Et mercredi soir encore, il a affirmé que « les conditions n’étaient pas réunies » pour une adhésion de la Turquie à l’UE « dans le prochain quinquennat » (2012-2017).

 

Les marchés à la rescousse ?

Au niveau « matériel » en tout cas, François Hollande a promis hier de « dominer la finance », en réponse à l’offensive de la droite sur ce point la veille. Après Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avait en effet prédit mercredi des « turbulences redoutables » pour l’économie française et la zone euro si François Hollande est élu, « en raison de son programme complètement à côté de la plaque et même profondément dangereux ». Le candidat socialiste a donc réagi en rappelant que le quinquennat de M. Sarkozy a été marqué par la hausse de la dette publique, le creusement du déficit commercial et la perte de la note maximale triple A chez une des agences de notation. Et une victoire de M. Hollande à la présidentielle française pourrait causer des soubresauts sur les marchés, sans toutefois plonger l’euro dans le chaos comme le prédit la droite, estimaient de leur côté des économistes étrangers, dont certains saluent son initiative pour la croissance.

 

C’est dans ce contexte que M. Hollande a accusé hier le président sortant Nicolas Sarkozy d’appeler « les marchés à la rescousse » pour l’aider à remporter l’élection présidentielle. Le député de Corrèze a une nouvelle fois défendu son programme et a assuré qu’il ne laisserait « aucune place » aux marchés financiers. « Moi j’ai dit très clairement ce que serait le chemin pour aller vers le redressement des finances publiques, j’ai dit que nous aurions à mettre plus de croissance, parce qu’elle est nécessaire, et donc je n’ai à redouter aucune crise », a-t-il dit. M. Hollande a par la même occasion estimé hier que la présidente du Medef Laurence Parisot a été au-delà de son rôle en saluant récemment « le boulot extraordinaire » accompli par Nicolas Sarkozy au cours de son mandat, tout en soulignant qu’il ne revenait pas « à des organisations professionnelles d’être partisanes ».

 

Nicolas Sarkozy a réagi hier en ironisant sur la volonté de François Hollande de « ne laisser aucune place aux marchés » : « J’ai entendu un candidat dire qu’il ne tiendrait pas compte des marchés. Ne pas tenir compte des marchés ça n’a pas de sens, si vous voulez ne pas tenir compte des marchés je vais vous donner un bon conseil : remboursez vos dettes, réduisez vos déficits et vous n’aurez pas besoin que quelqu’un vienne vous prêter de l’argent, voilà comment on peut ne pas tenir compte des marchés. »

 

Les « heures sombres »...

En attendant, le principal syndicat de magistrats français a publié hier un bilan sévère de l’action de Nicolas Sarkozy intitulé « Les heures sombres », où il estime que le pouvoir a tenté de placer sous ses ordres la magistrature tout en multipliant les lois inutiles. L’Union syndicale des magistrats (USM) critique aussi la réforme de la carte judiciaire et juge que les ressources humaines ont été gérées de manière « désastreuse ».

 

Toujours au niveau des critiques, Nicolas Sarkozy a balayé hier avec virulence et le « mépris le plus cinglant » les « ragots » d’Eva Joly sur le financement de sa campagne en 2007, hier soir lors de son oral télévisé sur France 2, dans l’émission « Des paroles et des actes ». L’ex-juge d’instruction et candidate des Verts avait déclaré la veille qu’il existait « des présomptions concordantes et précises » contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt dont un volet porte sur des soupçons de financement illégal par la milliardaire.

 

Les sondages

Quant au « troisième homme » (une place que lui dispute âprement la patronne du FN Marine Le Pen) de cette présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, il serait le candidat qui incarne le plus le changement tandis que François Hollande apparaît comme le mieux à même d’apporter une réponse aux problèmes des Français, selon un sondage BVA pour Le Parisien publié hier. Selon cette même enquête, 51 % des personnes interrogées estiment que Nicolas Sarkozy, qui brigue un second mandat, est le candidat qui a le plus la stature de président, mais l’écart se réduit avec le candidat socialiste (47 %) et le président du MoDem François Bayrou (37 %). En revanche, quatre sondages donnent François Hollande largement vainqueur au second tour (avec entre 54 et 57 % des suffrages) et dans une dynamique plus favorable au premier tour. Pour trois instituts, il est en tête dès le premier tour.

 

Mais le tour n’est pas joué pour les François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui doivent encore séduire un segment électoral déterminant : les jeunes. Car capter le vote des jeunes Français, enjeu stratégique, est une gageure : ils s’abstiennent davantage que la moyenne, sont plus difficiles à convaincre et bien malin qui pourrait dire leurs préférences, au vu de la valse des chiffres des instituts de sondages. Le premier défi pour les candidats sera donc de convaincre les plus jeunes d’aller voter. Les 18-24 ans sont la tranche d’âge qui vote le moins. 22 % d’entre eux se sont abstenus au 1er tour de la présidentielle de 2007, près de sept points de plus que la moyenne nationale, selon un sondage réalisé mardi.

 

François Hollande se prépare, dans les premiers jours d’un éventuel mandat présidentiel en France, à une franche explication avec ses alliés européens et de l’OTAN sur des sujets décisifs.
 
Mercredi soir en effet, le candidat socialiste a confirmé son objectif d’achever le retrait des troupes combattantes, soit quelque 3 400 soldats français d’Afghanistan, à la fin de l’année 2012, alors que Nicolas Sarkozy ne le prévoit que fin 2013. Ce dernier a toutefois jugé « totalement irresponsable et même dangereuse » cette promesse, qualifiant un tel retrait de « déshonneur ».
 
Autre dossier sensible avec les partenaires européens, la volonté du socialiste de « renégocier » le traité budgétaire signé le 1er mars « pour y ajouter, le compléter, l’améliorer sur le dispositif de croissance » en vue du...
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