« Nos frères au Soudan du Sud ont choisi la voie de la guerre, appliquant des plans étrangers dictés par des parties qui les soutenaient pendant la guerre civile », a déclaré le président soudanais Omar el-Béchir à la presse à Khartoum. Photo Ashraf SHAZLY/
« Nos frères au Soudan du Sud ont choisi la voie de la guerre, appliquant des plans étrangers dictés par des parties qui les soutenaient pendant la guerre civile », a ainsi déclaré le président soudanais Omar el-Béchir à la presse à Khartoum. « Béchir a annoncé une guerre totale avec la République du Soudan du Sud. Tout ce que nous avions résolu dans l’accord de paix global nous revient désormais comme un problème », a déclaré de son côté son homologue sud-soudanais Salva Kiir devant le Parlement à Juba. Il faisait référence à l’accord qui avait mis fin en 2005 à 22 ans de guerre civile Nord/Sud et qui a abouti à terme à la partition du Soudan en juillet 2011. Mais des questions cruciales laissées en suspens, comme le tracé de la frontière ou le partage des revenus pétroliers, ont fait monter les tensions. « J’ai toujours dit que je n’entraînerais pas le peuple du Soudan du Sud dans la guerre, mais si nous sommes agressés de cette façon, nous devons nous défendre », a-t-il lancé dans son discours applaudi par les élus, tandis que des habitants de la capitale manifestaient leur soutien dans les rues.
Hier également, Juba a accusé Khartoum d’avoir bombardé pour la première fois une localité d’importance, Bentiu, chef-lieu de l’État sud-soudanais d’Unité. Atem Yaak Atem, vice-ministre de l’Information, sans faire état de victimes, a estimé qu’un pont était visé. Le pont en question, situé près d’un complexe de l’ONU, relie Bentiu à une route qui mène vers le nord.
Par ailleurs, le ministre sud-soudanais de l’Information, Barnaba Marial Benjamin, a déclaré que son pays ne se retirerait de la zone pétrolière contestée d’Heglig, prise mardi à l’armée soudanaise, qu’à certaines conditions. « Premièrement, toutes les agressions terrestres et aériennes du Soudan doivent cesser immédiatement », a ainsi déclaré le ministre. « Les forces armées soudanaises qui occupent Abyei doivent aussi se retirer totalement », a-t-il ajouté. Abyei, envahie l’an dernier par les troupes soudanaises, est une autre région contestée entre le Soudan et le Soudan du Sud. Tout retrait sud-soudanais d’Heglig est aussi conditionné à la mise en place d’« observateurs internationaux » pour effectuer des patrouilles le long d’une zone frontalière démilitarisée, le temps que le tracé de la frontière commune des deux pays fasse l’objet d’un accord, sous arbitrage international, a-t-il poursuivi.
Le président sud-soudanais a également menacé d’envoyer ses troupes dans la province d’Abyei si les Nations unies n’obtenaient pas le départ des soldats soudanais qui l’occupent depuis mai 2011. M. Kiir a dans la foulée reproché aux Nations unies leur inaction malgré les plaintes du jeune Soudan du Sud, indépendant depuis juillet 2011, concernant les bombardements menés par l’aviation soudanaise sur son territoire.
(Source : AFP)


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