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Lifestyle - Objets Et Histoire

Les petites dents...

On a retrouvé des traces très anciennes de techniques annonciatrices de la dentelle. Les recherches archéologiques menées en Égypte ont permis de mettre au jour des sépultures coptes contenant des coiffures ajourées. Les tombes renfermaient aussi des bobines chargées de fils qui ont probablement servi à exécuter ces « dentelles » primitives. Mais la première ébauche de dentelle apparut au XIIIe siècle, une dentelle à l’aiguille venue d’Orient. L’Italie, et plus particulièrement Venise furent les premières adeptes. Les brodeuses vénitiennes créent elles-mêmes le support puis le brodent au début à l’aiguille, et par la suite aux fuseaux. La dentelle italienne devient alors un modèle pour toute l’Europe, et la diffusion se fait rapidement grâce aux marchands vénitiens. À partir de 1664, Colbert devient ministre des Bâtiments, Arts et Manufactures, et décide que « sa » dentelle dépassera toute les autres. Il fait venir des dentellières vénitiennes à Alençon, Argentan, Bayeux, Calais... Peu à peu, des centres dentelliers furent créés en Europe (Bruges, Bruxelles...). L’enseignement de la dentelle se fait désormais partout et la concurrence est rude. Tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, les dentelles sont fort appréciées pour orner les cols, les manchettes, les fraises, les coiffes, les tabliers, en garniture de chaussures, en voile de mariée, en mantille. Le linge de maison n’échappe pas à la mode, et c’est ainsi que nappes, draps et autres sont ornés de dentelles. Dans les milieux très aisés, on les utilisait même en ameublement comme garnitures. La confection de grands morceaux n’était pas seulement lente et chère, la technique en était aussi fort compliquée. Les vêtements et pièces d’ameublement entièrement confectionnés en dentelle restèrent donc très rares jusqu’à l’apparition du tulle machine. L’une des plus célèbres exceptions est le couvre-lit que le couple archiducal Albert et Isabelle de Habsbourg ont reçu à l’occasion de leur mariage en 1599. Il est conservé aujourd’hui aux Musées royaux d’art et d’histoire à Bruxelles. Les robes des impératrices Marie-Thérèse d’Autriche et Marie-Louise, épouse de Napoléon Ier, constituent d’autres exemples mondialement connus. Le mot « dentelle » (c’est-à-dire « petites dents ») apparaît pour la première fois en 1545, dans l’inventaire de la dot de la sœur de François Ier. D’ailleurs les inventaires, listes de dot et testaments permettent de connaître et d’estimer avec précision ce qu’on possédait autrefois. Ainsi, l’un des courtisans de Louis XIII acquit une fraise dont la valeur atteignait celle de « vingt-cinq arpents d’excellents vignobles » ! Un exemplaire des luxueux mouchoirs que l’on se contentait de tenir à la main coûtait deux cents ducats au XVIIe siècle (soit la valeur de 700 g d’or)... L’évolution du costume nous est connue grâce à d’innombrables peintres. Certains ont su reproduire les dentelles avec une exactitude minutieuse : Johannes Vermeer et sa très fameuse Dentellière, Anthonie Van Dyck... Dans le domaine musical, la dentelle a inspiré des compositeurs aussi différents que Johann Strauss (Le Mouchoir de dentelle de la reine) et Henry Purcell. La littérature n’est pas restée insensible non plus aux charmes de ces ouvrages délicats. Ainsi, Shakespeare, qui était originaire du centre de l’Angleterre, était-il à même de les connaître et de les apprécier. Protestant contre l’interdiction proférée par Louis XIV d’importer des dentelles étrangères, Mademoiselle de La Trousse rédigea un pamphlet intitulé « Révolte des passements », dans lequel elle décrivit les dentelles de son époque... Une autre révolte sur fond de dentelle est espagnole cette fois : parmi les accessoires en dentelle, la mantille, qui faisait partie de la garde-robe des élégantes espagnoles. La reine Isabelle II, passionnée de dentelles, a participé grandement à la diffusion de la mantille. La reine comme ses dames de compagnie la portaient dans de nombreux événements qui marquaient la vie de la cour, et plusieurs peintures la représente avec cet article singulier. À partir de 1868, le port de la mantille a été délaissé sauf dans quelques villes. À Madrid, où l’emploi de la mantille était fortement enraciné, les dames de la noblesse madrilène l’ont transformée en symbole de leur mécontentement pendant le règne d’Amadeo de Savoie et son épouse Maria Victoria. Le phénomène de rejet contre les souverains et les coutumes étrangères qu’ils voulaient imposer à la cour a été exprimé par les femmes, qui se montraient par les rues madrilènes en portant, au lieu du chapeau, la mantille classique et le peigne espagnol. Ce fait est passé à l’histoire sous le nom de « Conspiration des mantilles ». Franches et directes, ces femmes ne font pas dans la dentelle !

Sources principales : enjoylace.com ; tv-ardeche.com ; gralon.net ; dentellieres.com
On a retrouvé des traces très anciennes de techniques annonciatrices de la dentelle. Les recherches archéologiques menées en Égypte ont permis de mettre au jour des sépultures coptes contenant des coiffures ajourées. Les tombes renfermaient aussi des bobines chargées de fils qui ont probablement servi à exécuter ces « dentelles » primitives. Mais la première ébauche de dentelle apparut au XIIIe siècle, une dentelle à l’aiguille venue d’Orient. L’Italie, et plus particulièrement Venise furent les premières adeptes. Les brodeuses vénitiennes créent elles-mêmes le support puis le brodent au début à l’aiguille, et par la suite aux fuseaux. La dentelle italienne devient alors un modèle pour toute l’Europe, et la diffusion se fait rapidement grâce aux marchands vénitiens. À partir de 1664, Colbert devient...
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