Le leader centriste François Bayrou est en campagne électorale à l’île de La Réunion, dans l’océan Indien.Laurent Capmas/Reuters
Mais à 12 jours du scrutin, c’est bien son électorat, mélange de déçus de la droite et des socialistes, qui pourrait faire basculer la présidentielle car il est susceptible de voter pour l’un ou l’autre des deux favoris. L’équipe de campagne du président sortant ne s’y trompe pas et fait des appels du pied à M. Bayrou. Nicolas Sarkozy lui-même n’a pas exclu de choisir son futur Premier ministre hors des rangs de son parti, une allusion au leader centriste pour les observateurs. Mais François Bayrou se dit pour l’heure hermétique « à ce genre de séduction des uns et des autres ». Celui qui avait été le troisième homme de l’élection de 2007 (18,6 %) et était encore crédité en début d’année d’un score de 15 %, est désormais largement devancé dans les sondages par le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon (autour de 14 %) et par la chef de file de l’extrême droite Marine Le Pen (15 à 16,5 %).
Depuis le début officiel lundi de la campagne électorale, le temps de parole des dix candidats à la télévision est désormais étroitement encadré. Sur cette base égalitaire, ils diffusent aussi des clips de campagne. Les Français découvrent ainsi les discours et parfois même les visages des petits candidats : références marxistes et rhétorique anticapitaliste à l’extrême gauche, ou même programme de conquête de la planète Mars de Jacques Cheminade, critiqué pour des déclarations antisémites et ses liens avec le sulfureux milliardaire américain Lyndon LaRouche.
De leur côté, le président sortant et le candidat socialiste font presque jeu égal au premier tour. Nicolas Sarkozy devance légèrement (autour de 29 %) François Hollande (autour de 28 %) dans les intentions de vote au premier tour. En revanche, le candidat socialiste est invariablement donné vainqueur au second tour depuis des mois, avec 53 % à 55 % des intentions de vote. L’écart est tel entre eux et les huit autres candidats que la présidence de la cinquième puissance mondiale devrait échoir à l’un de ces deux hommes.
De ce fait, les deux hommes rivalisent de confiance. « Je sens monter la vague », a affirmé durant le week-end le président-candidat, se référant à la mobilisation des Français pour une campagne présentée comme terne et suscitant peu d’intérêt dans l’électorat. Le prétendant socialiste assure de son côté qu’il y a une « ferveur » qui « d’une certaine façon » ressemble à celle de mai 1981, qui avait vu l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, unique président socialiste de la Ve République. « Je pense qu’il y a beaucoup d’analogies entre les deux élections. Un candidat sortant qui a un bilan qui est lourd. Une crise qui a frappé, des résultats qui ne sont pas là. Un candidat qui essaie de se mettre dans les habits d’un président. Et puis une espérance, une attente – cela fait quand même dix ans que la droite est au pouvoir », a-t-il estimé.
(Source : AFP)

