Photo d’archives de Nouri al-Maliki saluant Bachar el-Assad lors d’une visite à Damas, le 21 août 2007.Louai Beshara/
Les relations se sont tendues ces derniers jours entre l’Irak, d’un côté, et le Qatar et l’Arabie saoudite, de l’autre. Plusieurs sujets litigieux opposent Bagdad à Doha et Riyad, dont les récentes positions du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki sur la crise syrienne et l’accueil réservé par le Qatar au vice-président irakien Tarek al-Hachémi, l'un des principaux dirigeants sunnites du pays, visé par un mandat d'arrêt depuis la mi-décembre.
Sur ce dernier point, le vice-Premier ministre irakien Hussein Chahristani a jugé lundi "inacceptable" que le Qatar ait accueilli sur son sol M. Hachémi, soupçonné d'avoir dirigé un groupe de tueurs en Irak. "Le Qatar (...) doit le renvoyer en Irak", a insisté M. Chahristani.
"Les normes diplomatiques et les fonctions de M. Hachémi empêchent le Qatar de procéder à cela", a rétorqué mardi le ministre d'Etat aux Affaires étrangères Khaled al-Attiya, interrogé lors d'une conférence de presse. "M. Hachémi est venu d'Irak et il n'est pas sage de le renvoyer en Irak. Notre position est claire et on espère qu'elle sera comprise par nos frères irakiens", a-t-il ajouté.
M. Hachémi a lui même jugé lundi à Doha illégale et inconstitutionnelle la demande de Bagdad. "Il n'y a aucune décision de la justice irakienne à mon égard et cette demande contredit l'immunité dont je jouis conformément à l'article 93 de la Constitution", a-t-il déclaré à l'AFP.
Le vice-président irakien a rencontré lundi l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, et indiqué qu'il comptait se rendre, après sa visite à Doha, dans d'autres capitales de la région sans les préciser, avant de regagner le Kurdistan d'Irak, région autonome, où il réside depuis décembre.
Le Qatar, tout comme l'Arabie saoudite, n'a envoyé que des délégations de second rang au sommet de la Ligue arabe qui s'est tenu la semaine dernière à Bagdad. Doha a déclaré qu'il entendait ainsi manifester son mécontentement face au traitement réservé par les autorités irakiennes à la minorité sunnite.
Le Premier ministre du Qatar et le chef de la diplomatie saoudienne s’étaient par contre rendus dimanche dernier à Istanbul pour participer à une réunion des "Amis de la Syrie", dénoncée par les autorités syriennes.
Le même jour, le Premier ministre irakien avait lancé une violente attaque contre l'Arabie saoudite et le Qatar, accusés de vouloir faire tomber par la force le régime syrien et de s'ingérer dans les affaires de chaque pays arabe.
Mardi, plusieurs journaux saoudiens et qataris ont lancé une attaque en règle contre Nouri al-Maliki, l'influent quotidien Alsharq Alawsat appelant à "boycotter le gouvernement" de Bagdad, en raison notamment de son "soutien" au régime syrien. "Il est nécessaire que les pays du Golfe commencent à boycotter Maliki et son gouvernement, afin d'empêcher l'apparition d'un nouveau Saddam Hussein ou d'un nouveau Bachar el-Assad", écrit Tarek al-Hmayed, le rédacteur en chef du journal saoudien Alsharq Alawsat.
Pour sa part, le quotidien al-Ryad s'est demandé dans un éditorial si "Maliki est bien le dirigeant de l'Irak ou la voix de l'Iran". "Maliki a critiqué indirectement les appels de l'Arabie saoudite et du Qatar à armer l'opposition syrienne, alors que son pays est une voie de passage pour les armes destinées au gouvernement d'Assad et qu'il soutient ce régime financièrement et en lui envoyant du pétrole", poursuit-il.
Au Qatar, le quotidien al-Sharq, proche des autorités, a estimé que M. Maliki, "un dirigeant du parti chiite al-Daawa, mène campagne contre la présence sunnite dans les institutions de l'Etat en Irak".
Sur ce dernier point, le vice-Premier ministre irakien Hussein Chahristani a jugé lundi "inacceptable" que le Qatar ait accueilli sur son sol M. Hachémi, soupçonné d'avoir dirigé un groupe de tueurs en Irak. "Le Qatar (...) doit le renvoyer en Irak", a insisté M. Chahristani.
"Les normes diplomatiques et les fonctions de M. Hachémi empêchent le Qatar de...


Messieurs, faites vos "JEUX", RIEN ne va plus !
04 h 41, le 04 avril 2012