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À La Une - Crise

Damas accepte d'entamer l'application du plan Annan avant le 10 avril

Washington reste sceptique, pendant que le pouvoir poursuit sa guerre sans merci.

Selon des diplomates, M. Annan, qui s'adressait depuis Genève au Conseil de sécurité réuni à huis clos à New York, a expliqué qu'une cessation complète des violences interviendrait dans les 48 heures suivant le 10 avril. Photo ONU/Paulo Filgueiras

L'émissaire international Kofi Annan a indiqué lundi au Conseil de sécurité de l'ONU que Damas avait accepté la date limite du 10 avril pour commencer à appliquer son plan de paix.
Selon des diplomates, M. Annan, qui s'adressait depuis Genève au Conseil de sécurité réuni à huis clos à New York, a expliqué qu'une cessation complète des violences interviendrait dans les 48 heures suivant le 10 avril.


Le régime retirerait alors ses armes lourdes des villes et entamerait un retrait de ses troupes.
Toujours selon des diplomates, le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe a demandé au Conseil son soutien sur cette première étape de l'application de son plan. Il l'a aussi invité à étudier les conditions du déploiement d'une mission d'observateurs pour surveiller la situation en Syrie avec un "mandat large et flexible".


Le plan de M. Annan préconise la cessation de la violence par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire aux zones touchées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement.


Après cette annonce, les États-Unis ont exprimé leur doute quant à la volonté de Damas de réellement appliquer ce plan. "Nous avons vu des promesses faites et ensuite rompues" par le régime syrien et "l'expérience nous amènerait plutôt à être sceptiques", a déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice, en ajoutant que Washington "craignait de voir une escalade des violences" dans les prochains jours.


M. Annan a lui-même constaté que jusqu'à présent il n'y avait eu "aucun progrès" pour parvenir à un cessez-le-feu en Syrie ou appliquer son plan de paix sur le terrain, selon les diplomates.


La Syrie est secouée depuis plus d'un an par un mouvement de contestation qui s'est militarisé au fil des mois. Les violences ont fait plus de 10.000 morts, dont 7.306 civils, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).


Lundi, le pouvoir a poursuivi sa guerre sans merci contre les rebelles à coups de bombardements, tandis que soldats et déserteurs continuaient à s'affronter, au prix de 34 morts, dont 16 civils, selon l'OSDH, qui a dénoncé la "tactique des maisons brûlées" des forces du régime.


Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, est arrivé lundi soir à Damas pour une visite de deux jours où il doit rencontrer plusieurs ministres pour discuter notamment de l'aide humanitaire et de la trêve, a annoncé le CICR.
"Les entretiens commenceront demain (mardi) avec le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, de l'Intérieur Mohammed Ibrahim al-Chaar et le président du Croissant rouge syrien Abdel Rahmane Attar", a déclaré à l'AFP le porte-parole du CICR à Damas, Saleh Dabbakeh.

Avant son arrivée à Damas, M. Kellenberger, cité dans un communiqué, s'est dit "déterminé à voir le CICR et le Croissant rouge arabe syrien renforcer leur présence et élargir l'éventail et la portée des activités qu'ils mènent pour répondre aux besoins des personnes vulnérables".


Alors que le groupe des "Amis du peuple syrien", réuni dimanche à Istanbul, avait appelé à fixer "une date limite" pour l'application du plan Annan et défendu le droit à l'autodéfense du peuple syrien, les médias officiels ont qualifié cette conférence de "nouvel échec" dans les tentatives internationales de faire plier le pouvoir. "Les participants devront reconnaître tôt ou tard que la résistance des Syriens, les réformes (annoncées par M. Assad) et le double veto russe et chinois (...) ont permis à la Syrie de surmonter la crise et de remporter la bataille", selon al-Baas, journal du parti au pouvoir.


M. Assad, seul chef d’État contesté à s'être maintenu jusqu'à présent au pouvoir dans la foulée du Printemps arabe, se targue en effet de l'appui de son armée, d'une partie de la population et surtout du soutien russe pour conforter sa position face aux pressions occidentales et arabes.


Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est encore dit lundi opposé à toute pression sur Damas concernant le plan Annan, estimant que "les ultimatums et les délais artificiels sont rarement utiles".


A l'issue de la conférence, qui ne s'est pas prononcée pour l'envoi d'armes aux rebelles, réclamé par le Conseil national syrien (CNS) - principale coalition de l'opposition - et défendu par l'Arabie saoudite et le Qatar, des responsables de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de militaires dissidents) ont exprimé leur frustration.


"La communauté internationale, en tardant à exercer des pressions sur le régime et en empêchant l'armement des rebelles, assume l'entière responsabilité des massacres", a souligné le colonel Kassem Saadeddine, officier rebelle qui a estimé que le régime ne tomberait que par les armes.


"Le résultat est que la communauté internationale donne du temps à Bachar el-Assad pour faire ce qu'il veut", a estimé de son côté Agnès Levallois, spécialiste du Proche-Orient basée à Paris.


La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton a néanmoins promis de soutenir l'opposition dans les communications, notamment dans les zones coupées du monde, et de verser 12 millions de dollars pour l'humanitaire, portant à 25 millions de dollars le total de l'aide américaine.

L'émissaire international Kofi Annan a indiqué lundi au Conseil de sécurité de l'ONU que Damas avait accepté la date limite du 10 avril pour commencer à appliquer son plan de paix.Selon des diplomates, M. Annan, qui s'adressait depuis Genève au Conseil de sécurité réuni à huis clos à New York, a expliqué qu'une cessation complète des violences interviendrait dans les 48 heures suivant le 10 avril.
Le régime retirerait alors ses armes lourdes des villes et entamerait un retrait de ses troupes.Toujours selon des diplomates, le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe a demandé au Conseil son soutien sur cette première étape de l'application de son plan. Il l'a aussi invité à étudier les conditions du déploiement d'une mission d'observateurs pour surveiller la situation en Syrie avec un "mandat large et flexible".
Le...
commentaires (5)

On ne peut plus ne pas le dire le plus clairement du monde : Pour des intérêts vils et mesquins et avec une complicité éhontée, Poutine de Russie participe des crimes perpétrés par le régime baassiste de Damas contre le peuple syrien. C'est la même complicité éhontée avec laquelle les administrations américaines participent des crimes d'Israel contre le peuple palestinien. Aucune différence.

Halim Abou Chacra

12 h 48, le 02 avril 2012

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Commentaires (5)

  • On ne peut plus ne pas le dire le plus clairement du monde : Pour des intérêts vils et mesquins et avec une complicité éhontée, Poutine de Russie participe des crimes perpétrés par le régime baassiste de Damas contre le peuple syrien. C'est la même complicité éhontée avec laquelle les administrations américaines participent des crimes d'Israel contre le peuple palestinien. Aucune différence.

    Halim Abou Chacra

    12 h 48, le 02 avril 2012

  • Constantinniyyé...Constantinople...

    GEDEON Christian

    07 h 34, le 02 avril 2012

  • Expliquez le mot " pacifique " Messieurs les Russes : Moutons de Panurge de toujours !

    SAKR LEBNAN

    06 h 55, le 02 avril 2012

  • Est-ce que ces gamins comprennent le sens du dessin qu'ils brandissent ? C'est absolument nul d'instrumentaliser ainsi les enfants, quelle que soit la cause. Que les parents de ces charmants bambins veillent plutôt à les protéger plutôt que de les exposer à un drame de plus.

    Robert Malek

    06 h 52, le 02 avril 2012

  • Dans cette fameuse guerre des jumelles la réunion d'Istanbul semble bien un "nouvel échec", pour des arabes en conflit total avec leurs aspirations . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 18, le 02 avril 2012

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