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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Intérêts coquins

Fichtre ! Encore une béchamel hystérique évitée de justesse ! Les gilets pare-balles étaient pourtant enfilés, les cendriers alignés sur la piste d’aéroport qui sert de table pour le Conseil des ministres, la bave commençait même à couler sur les commissures des lèvres... C’est trop bête : on était à deux doigts d’une rigolade authentique avec le crêpage de touffe attendu entre Mikou et le Basileus, agrémenté cette fois d’une touche personnelle de l’argentier Mohammad Coquillette qui menaçait de cracher sa perle pour gripper la machine... et puis, la poisse !
L’arrangement a fleuri telle une génération spontanée, éternel négoce fifty-Maroun fifty-Mohammad, une espèce d’assemblage de bric et de broc de deux groupes d’intérêts coquins. Faut toujours qu’on nous cuisine in extremis un compromis boiteux pour nous siphonner le suspense.
Résultat du télescopage des neurones orphelins : une larmoyante décision qui, au-delà de la chair de poule, frise le ridicule et défrise le poil intime. Et que propose-t-on pour vider l’abcès de l’EDL ? Des péniches-biberon gorgées de jus d’électrons et des hangars à fumée pour encrasser les poumons.
Dire qu’il n’y a pas si longtemps, on avait proposé de privatiser cet officine-poubelle aux normes de sécurité aussi fiables que celles de Fukushima et qui depuis la fin de la guerre nous pompe l’air et les caisses de l’État. Mais c’était sans compter avec les bêlants du dirigisme ringard qui tonnaient contre le « danger de dépouiller la République de ses services publics ». Une formule séduisante, surtout quand la République est inexistante et que les services publics sont en capilotade. Ce qui revient à dire que les protestataires s’insurgeaient contre le projet de dépouiller un « rien », d’oripeaux qui représentent « moins que rien ».
Au lieu de quoi l’État-patron impotent nous expliquera demain qu’en raison des dépenses engagées, faudra faire davantage d’efforts et taxer encore plus les minables. Logique : ils sont plus nombreux. La vie est chère ? Quelle idée ! Un concept tordu inventé par les pauvres pour apitoyer les riches...
C’est dur d’être gouverné par des ploucs !

 

gabynasr@lorientlejour.com

Fichtre ! Encore une béchamel hystérique évitée de justesse ! Les gilets pare-balles étaient pourtant enfilés, les cendriers alignés sur la piste d’aéroport qui sert de table pour le Conseil des ministres, la bave commençait même à couler sur les commissures des lèvres... C’est trop bête : on était à deux doigts d’une rigolade authentique avec le crêpage de touffe attendu entre Mikou et le Basileus, agrémenté cette fois d’une touche personnelle de l’argentier Mohammad Coquillette qui menaçait de cracher sa perle pour gripper la machine... et puis, la poisse ! L’arrangement a fleuri telle une génération spontanée, éternel négoce fifty-Maroun fifty-Mohammad, une espèce d’assemblage de bric et de broc de deux groupes d’intérêts coquins. Faut toujours qu’on nous cuisine in extremis un compromis...
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