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Moyen Orient et Monde - Reportage

À Darwin, la moitié des morts sont « connus de Dieu seul »

Des anciens combattants argentins tentent d’identifier leurs compatriotes enterrés aux Malouines.

Près de la moitié des tombes au cimetière argentin de Darwin sont anonymes. Martin Bernetti/AFP

Parmi les 238 tombes de soldats argentins alignées dans le cimetière de Darwin aux Malouines, près de la moitié ne portent toujours pas de nom.


« Le pire que l’on peut perdre, c’est son identité », souligne Ernesto Alonso, de la Commission des anciens combattants des îles Malouines de La Plata en Argentine.

 

Aujourd’hui, il fait partie de ceux qui se démènent pour attirer l’attention des autorités sur ce sujet. M. Alonso s’est donc déplacé à trois reprises à Darwin depuis la guerre, expliquant qu’à force de voir toutes ces tombes portant la même plaque intitulée « Soldat argentin connu de Dieu de seul », il s’est joint à d’autres anciens combattants pour porter une requête devant la justice en 2011.

 

« C’est un problème hérité de la dictature militaire (1976-1983). Jamais les militaires n’ont entamé des investigations pour identifier nos nombreux compatriotes », déplore-t-il. La Commission des familles des victimes des Malouines, qui a construit à Darwin un muret semi-circulaire portant les noms de tous les Argentins tués pendant la guerre, s’est également jointe à la procédure judiciaire. Mais selon Cesar Trejo, membre de cette commission, il faudra d’abord « consulter tous les proches (des disparus), car certains d’entre eux ne souhaitent pas une identification parce qu’ils savent que leurs êtres chers sont enterrés à Darwin ».

 

En outre, M. Trejo craint que ces opérations ne se transforment en « festival des ossements » et qu’elles offrent une occasion aux Britanniques de « retirer les corps des soldats tués pour les transférer vers le continent ». Mais pour Ernesto Alonso, il s’agit d’un devoir national pour l’Argentine. Le pays doit cesser de s’en remettre à Dieu et « en tant que société, rendre ni plus ni moins que leur identité à ceux qui lui ont donné leur vie », affirme-t-il.


Le cimetière de Darwin, situé à quelque 80 km à l’ouest de Port Stanley, contraste par sa taille avec son pendant britannique, qui compte seulement 14 sépultures quelques kilomètres plus au nord, toutes identifiées. Graham Didlick, guide touristique de Darwin, raconte en effet que « le conflit des Malouines fut le premier pour lequel le gouvernement britannique a autorisé les familles à récupérer les corps ». Un total de 255 soldats britanniques ont été tués pendant cette guerre de 74 jours (2 avril-14 juin 1982), contre 649 côté argentin.

Parmi les 238 tombes de soldats argentins alignées dans le cimetière de Darwin aux Malouines, près de la moitié ne portent toujours pas de nom.
« Le pire que l’on peut perdre, c’est son identité », souligne Ernesto Alonso, de la Commission des anciens combattants des îles Malouines de La Plata en Argentine.
 
Aujourd’hui, il fait partie de ceux qui se démènent pour attirer l’attention des autorités sur ce sujet. M. Alonso s’est donc déplacé à trois reprises à Darwin depuis la guerre, expliquant qu’à force de voir toutes ces tombes portant la même plaque intitulée « Soldat argentin connu de Dieu de seul », il s’est joint à d’autres anciens combattants pour porter une requête devant la justice en 2011.
 
« C’est un problème hérité de la dictature militaire (1976-1983). Jamais les...
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