Jadis, dans les contes, un ogre traversait les pages à grands pas de géant, semant la terreur. Comble de l’horreur, l’ogre, dans certains cas, finissait même par manger ses enfants. Du Moyen Âge aux temps modernes, en passant par l’âge des Lumières, rien n’a changé depuis. Les sociétés n’ont pas évolué. Elles sont même identiques aux pages de contes. Devenues à leur tour ogresses, les sociétés ont engendré des monstres et se nourrissent de leur propre progéniture, s’adonnant à la violence la plus pure. De la haine et de la violence partout. Sur les chaînes de TV, à la radio, ou encore simplement dans la rue, dans une école, dans une église, une mosquée ou un temple. Plus aucun lieu n’est sacré. Les victimes sont des enfants et les bourreaux les adultes, affamés de violence. On joue à la guerre, on la simule, on la distribue tous azimuts. L’image engendre la violence. Elle la crée, puis lui donne un certificat de durée. De longue durée. Les Romains étaient des enfants de chœur. Assis sur leurs gradins, émus parfois par le jeu d’un Gladiator, ils n’obéissaient pas au verdict de leur empereur et graciaient le héros. Les Romains étaient des enfants de chœur. Ils aimaient le panache et la superbe d’un joueur. Ce sont probablement ces jeux de cirque qui engendrèrent plus tard la fougue des Jeux olympiques. Pour Hunger Games, plus question de fierté, d’orgueil ou de panache. L’homme est avide de sang ; il en redemande. Il s’en abreuve. Dans ce Capitole postapocalyptique, les jeux sont devenus un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. Douze ans après ce fameux Battle Royale de Kinji Fukasaku, l’homme demeure ce vampire qui hante les nuits à la recherche d’une goutte de sang. Un homme qui vit encore dans les ténèbres. Et que l’on balance tout cela sur l’écran, sur les « You Tube », « Facebook » et autres, afin que les Romains des temps modernes, vautrés sur leurs canapés, se délectent de la mort des jouvenceaux et jouvencelles. Et le tout dans une ambiance glauque ado pour surpasser tous les Twilight et les Harry Potter du siècle. Sonnez tambours et trompettes ! Que tous les buzz remplissent la toile. Les nouveaux ogres du XXIe siècle sont arrivés.
Jadis, dans les contes, un ogre traversait les pages à grands pas de géant, semant la terreur. Comble de l’horreur, l’ogre, dans certains cas, finissait même par manger ses enfants. Du Moyen Âge aux temps modernes, en passant par l’âge des Lumières, rien n’a changé depuis. Les sociétés n’ont pas évolué. Elles sont même identiques aux pages de contes. Devenues à leur tour ogresses, les sociétés ont engendré des monstres et se nourrissent de leur propre progéniture, s’adonnant à la violence la plus pure. De la haine et de la violence partout. Sur les chaînes de TV, à la radio, ou encore simplement dans la rue, dans une école, dans une église, une mosquée ou un temple. Plus aucun lieu n’est sacré. Les victimes sont des enfants et les bourreaux les adultes, affamés de violence. On joue à la guerre, on...
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