Les pupitres sont un tout petit peu trop grands. Un buzzer rouge trône sur chacun d’eux. Comme à la TV... Pourtant, derrière les micros, que des collégiens, venus jouer à Question pour un jeune champion, organisé par le réseau des établissements à programme français au Liban.
Dans la salle du Collège protestant français, où s’est réunie une centaine d’élèves pour assister et participer à la finale, l’atmosphère est électrique. Alors que sont appelés les 8 finalistes (4 collégiens et 4 lycéens), sélectionnés lors de la demi-finale début mars, les premiers encouragements se font entendre. Première question : « Quelle ville au Liban est particulièrement connue pour ses pâtisseries ? » La réponse fuse : Trablous. « Quel est le président actuel du Liban ? » Facile. « Quel est le plus léger des gaz rares ? » La difficulté augmente avec le temps : l’hélium. Le public se surprend à chercher les réponses avec les enfants. Une colle : « Quel est le nom de l’avion avec lequel Charles Lindberg traversa l’atlantique ? » La réponse viendra, après plusieurs minutes de silence, d’un collégien du 3e rang, laissant sur le carreau de nombreux adultes : Spirit of Saint Louis. Comme quoi, la vérité sort de la bouche des enfants...
« Ce jeu est une motivation pour construire sa culture, assure Irina al-Ezzi, documentaliste du lycée franco-libanais Habbouche de Nabatiyeh, et membre du comité de pilotage de l’organisation. Au lieu de jouer dans la cour à la récréation, les élèves venaient au CDI pour jouer à Question pour un champion sur Internet et pour inventer des questions. » Et pour les deux vainqueurs : une imprimante et quelques livres, de quoi continuer à réviser...
Cette année, 17 établissements du réseau ont participé, permettant à plusieurs centaines d’élèves de tester leur culture générale. Pour être sélectionné pour la finale, il faut d’abord répondre à une quarantaine de questions par écrit au sein de son établissement, puis les meilleurs ont participé à la demi-finale, toujours pas écrit. C’était donc la première fois pour les finalistes qu’ils jouaient en public. « Je suis très stressé, raconte Alexandre, du Lycée Lamartine, sélectionné pour la dernière étape du jeu. Ça fait bizarre de jouer devant tout le monde. » Moustapha, lui, est venu avec de nombreux soutiens depuis le collège de Verdun. « L’important, c’est de faire parler du collège, sourit-il. L’année dernière, j’étais finaliste, alors je ne suis pas trop stressé. Mon frère et ma sœur sont aussi venus me soutenir. » « C’est déjà bien d’être arrivé jusqu’ici, se félicite Marina, bonne joueuse, du Lycée français d’Achrafieh. Mais c’est difficile et j’ai beaucoup révisé pour la finale. » Les déçus pourront de toute façon retenter leur chance l’année prochaine, pour la 4e édition du jeu.

