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Moyen Orient et Monde - Présidentielle 2012

Le grand retour de la France du « non » à l’Europe

La France du « non » à la Constitution européenne effectue un retour en force dans la campagne pour l’élection présidentielle, un phénomène qui risque de compliquer la tâche du futur locataire de l’Élysée sur les scènes nationale et européenne. À droite comme à gauche, de puissants courants obligent les principaux candidats, le président sortant Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande, à tenir compte de cet électorat s’ils veulent être élus le 6 mai prochain, quitte à les décevoir au lendemain du scrutin.


« La France du “non” n’a pas disparu après le référendum et l’adoption du traité de Lisbonne », déclare ainsi Thomas Klau, qui dirige le bureau de Paris du « think tank » European Council on Foreign Relations (ECFR), ajoutant qu’il « y a à droite comme à gauche un pourcentage significatif d’électeurs qui rejettent la construction européenne, en tout cas en l’état ». Le discours du Front national sur l’Europe complice d’une mondialisation sauvage destructrice de la prospérité nationale n’a pas changé depuis que Marine Le Pen a succédé à son père. Mais elle a trouvé avec la crise des dettes souveraines un coupable désigné, l’euro, exigeant que la France en sorte, tout comme le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon ne va pas aussi loin, mais ses revendications sont très radicales. Son programme prévoit la renégociation du traité de Lisbonne qui a repris en 2007 le projet de Constitution rejeté par 55 % de Français en 2005, la fin de l’indépendance de la Banque centrale européenne et la suppression de la « technocratie européenne ».


Ni le président-candidat ni son concurrent socialiste, dont le parti s’était déchiré sur l’Europe en 2005, n’ont adopté cette rhétorique, mais ils doivent en tenir compte.


« L’existence d’une France du “non” et le fait que cela reste un des facteurs structurants de l’électorat français pèsent sur la campagne et sont à la fois un des éléments du succès relatif des programmes politiques des candidats comme Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, mais aussi un facteur qui explique la conduite des candidats de l’UMP et du PS », explique Thomas Klau. « Aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande doivent composer avec cet électorat potentiel qui est ou bien franchement souverainiste, ou bien hostile à la construction européenne telle qu’elle se présente actuellement. »


Soucieux d’obtenir un bon report de voix pour l’emporter au second tour, le premier ne peut ignorer les voix de Marine Le Pen, qui se situe entre 16 et 19 % des intentions de vote, et le second ne peut faire comme si les quelque 10 % qu’obtiendrait Jean-Luc Mélenchon n’existaient pas. Nicolas Sarkozy a donc surpris tout son monde dimanche dernier en exigeant une renégociation du traité de Schengen.

La France du « non » à la Constitution européenne effectue un retour en force dans la campagne pour l’élection présidentielle, un phénomène qui risque de compliquer la tâche du futur locataire de l’Élysée sur les scènes nationale et européenne. À droite comme à gauche, de puissants courants obligent les principaux candidats, le président sortant Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande, à tenir compte de cet électorat s’ils veulent être élus le 6 mai prochain, quitte à les décevoir au lendemain du scrutin.
« La France du “non” n’a pas disparu après le référendum et l’adoption du traité de Lisbonne », déclare ainsi Thomas Klau, qui dirige le bureau de Paris du « think tank » European Council on Foreign Relations (ECFR), ajoutant qu’il « y a à droite comme à gauche un...
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