Faute d’autorisation au bout de onze ans, le groupe gazier britannique a renoncé la semaine dernière à la construction d’une unité de traitement de gaz naturel liquéfié à Brindisi (Pouilles), « découragé du bras de fer infini avec les autorités », selon Luca Manzella, le patron de sa filiale italienne. Le président de gauche de la région des Pouilles, Nichi Vendola, a toutefois nié tout rapport avec la lenteur de l’administration en rejetant la faute sur BG qui avait la « prétention » de vouloir construire ses installations dans un lieu « inadéquat » contre l’avis des collectivités locales. Mais il n’empêche, l’abandon de ce projet, qui aurait pu créer mille emplois dans cette région du sud défavorisée, a relancé le débat sur la faible attractivité de l’Italie pour les investisseurs étrangers.
Le gouvernement Monti « devrait envoyer des messages clairs et rassurants aux investisseurs industriels qui ont un énorme besoin de certitudes », a jugé M. Manzella car les groupes étrangers ont « la nette perception que l’investissement est risqué » en Italie. Face à cette situation, le gouvernement a mis en place en fin de semaine dernière une table ronde pour trouver des solutions. « Nous entendons peser sur les facteurs négatifs qui découragent les investissements dans notre pays », a déclaré la ministre de la Justice, Paola Severino. Selon la Banque mondiale, le niveau des investissements directs étrangers a reculé en Italie à 0,5 % du PIB en 2010 contre 0,8 % en 2009, un niveau très inférieur à la France (1,3 % en 2010), l’Allemagne (1,4 %) ou l’Espagne (1,8 %). Et de 2010 à 2011, selon des données citées par l’organisation patronale Confindustria, les investissements étrangers en Italie ont chuté de 53 %.
Même si les grands groupes français ont fait depuis l’an dernier une moisson d’entreprises italiennes (Parmalat pour Lactalis, Edison pour EDF, Bulgari pour LVMH...), l’Italie apparaît en effet de moins en moins comme un pays où il fait bon faire des affaires. Selon le rapport « Doing Business » de la Banque mondiale qui mesure l’attractivité des pays, la péninsule a été rétrogradée de la 83e place en 2011 à la 87e place en 2012. « L’économie italienne ne croît plus depuis dix ans et a par conséquent un marché domestique peu attractif » tandis que « l’administration est un problème qui effraie les étrangers », souligne Fabrizio Guelpa, économiste de la banque Intesa Sanpaolo. En outre, « l’Italie ne communique pas bien et sa capacité à attirer des investissements étrangers est faible contrairement à la France ou à l’Allemagne », poursuit l’économiste. Car « le problème n’est pas tant la fugue de ceux qui ont investi » comme British Gas, « mais le fort ralentissement ces dernières années du flux d’entrée de nouveaux investissements », dit-il encore.
L’exécutif de Mario Monti espère que ses mesures visant à libéraliser l’économie ou à simplifier les procédures administratives ainsi que la réforme du marché du travail en cours de négociation aideront à redonner confiance aux investisseurs étrangers. Car la situation inquiète alors que le pays vient d’entrer en récession fin 2011. « Les investissements étrangers sont, aujourd’hui plus que jamais, une priorité pour soutenir la croissance et la crédibilité internationale de l’Italie », juge la Confindustria.
(Source : AFP)


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